Théâtre
« Ma musique principale est le texte » « Retour à Berratham », nouvelle création d’Angelin Preljocaj

« Ma musique principale est le texte » « Retour à Berratham », nouvelle création d’Angelin Preljocaj

19 avril 2015 | PAR Marie Boëda

La compagnie d’Angelin Preljocaj fête ses 30 ans cette année. C’est l’occasion aussi de célébrer les 26 ans de soutien de la BNP aux créations du chorégraphe. Déjeuner au siège de la BNP et présentation d’un spectacle en cours de création : « Retour à Berratham », où trois visions pour une création, un chorégraphe, un écrivain, Laurent Mauvignier et un plasticien, Abdel Abdessemed. Quelques clés pour comprendre ce spectacle qui sera présenté à Avignon.

Récit des prémices d’une création 

Angelin Preljocaj avoue sa passion pour le texte. Une de ses premières expériences est sur un texte de Jean Genet, « Le Funambule » qu’il a joué seul. Pourquoi alors, ne pas concevoir un spectacle qui a comme support principal le texte ? A partir d’un livre « Ce que j’appelle l’oubli », racontant la mort d’un SDF tué par des policiers car il avait volé une cannette de bière, Preljocaj avait déjà tendu la main à Laurent Mauvignier. La puissance qui ressort du texte est telle que le chorégraphe lui commande pour 2015 une pièce qui deviendra « Retour à Berratham ». Puis le dernier maillon de la chaîne de création, Abdel Abdessemed, plasticien qui aborde le monde contemporain avec énergie et violence.

Retour à Berratham : Un jeune homme retourne dans son pays natal après  un temps de guerre pour y retrouver son amour de jeunesse

« Berratham » parce que « ce mot tient seul dans l’espace ». Cette sonorité peut faire penser à beaucoup d’endroits mais n’a pas pour objectif de s’arrêter à un pays, une guerre mais à toutes. Le récit, basé sur l’Iliade, est porté par un chœur qui amène l’histoire. Le thème de l’épopée est l’après-guerre et la violence qui imprègne ceux qui l’ont vécue.

Afin de comprendre dans quoi l’auteur cherche à nous impliquer, Laurent Mauvignier raconte une anecdote. En voyage à Sarajevo pour une conférence, tous les invités évoquent l’importance du dialogue et de la réconciliation, devant une population locale abasourdie. Car ces personnes qui avaient, elles, vécu la guerre ne le voyaient pas ainsi. Certes la guerre est finie, mais plusieurs peuples cohabitant se sont entretués, ils continueront à vivre côte à côte mais ne s’aimeront jamais… D’où la complexité qu’essaie de mettre en spectacle le trio.

Le texte de Laurent Mauvignier sortira le 4 juin et la première sera présentée pendant le festival d’Avignon dans la Cour d’honneur du Palais des Papes le 17 juillet. D’ailleurs, ce lieu emblématique du festival d’Avignon est un axe fondateur dans l’élaboration du spectacle et sublime sa signification. Une chose n’a pas été précisée, et la danse ? Réponse le 17 juillet…

(C) Lucas Marquand-Perrier

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