Théâtre
La Reine Margot sanglante et contemporaine au Théâtre 13

La Reine Margot sanglante et contemporaine au Théâtre 13

20 juin 2017 | PAR Bérénice Clerc

La Reine Margot d’Alexandre Dumas, histoire française, guerre des religions que nous aimerions pouvoir conjuguer au passé mais qui hélas résonne au présent. Hugo Bardin, jeune metteur en scène n’en est pas à son premier spectacle, il a décidé de travailler sur ce texte pour parler à ses contemporains. A l’occasion du concours du Théâtre 13, il présente sa mise en scène et donne à voir de belles images.

La salle du Théâtre treize, proche du nouveau quartier de la Bibliothèque François Mitterrand est comble. Les spectateurs en tous genres s’installent puis le noir renvoie la lumière à son impuissance avant de la laisser réapparaitre sur le plateau. Une croix lumineuse habite la scène, elle fait penser aux défilés de mode et sera d’ailleurs utilisée de la sorte à un moment du spectacle.

Douze acteurs pour ce spectacle. Des costumes, un maquillage blanc qui comme la scénographie ont été imaginé par Hugo Bardin. Difficile de ne pas avoir en tête La reine Margot marquée au fer rouge sang de Patrice Chéreau sensuelle et soulevée par le désir brûlant d’Isabelle Adjiani.

Le travail de l’équipe créatrice est palpable, la salle est tout oreille, concentrée sur cette histoire vraie, ces mots violents, puissants, pervers comme l’humain peut être.

La musique de Purcell résonne comme à l’opéra, dans cette mise en scène au jeu appuyé quasi outré, chaque personnage a sa griffe, son identité. Le spectacle offre de jolies apparitions, icônes figées par la vie, tableaux ou sculptures de larmes, de chairs et d’os.

Les références cinématographiques sont nombreuses, pour le théâtre, Thomas Jolly pourrait être de la famille.

Qui est qui parmi tous ces travesties nous ne le saurons jamais !

L’Homme est une éternelle révolution, une obsessionnelle régression, un mouvement d’histoire bégayante sur des siècles et des siècles quand l’illusion d’évolution permet à certains de garder espoir. L’humain se cherche et fait raisonner le texte au présent.

Hugo Bardin peut encore creuser plus la matière humaine, la resserrer, la sculpter, l’incarner, l’illuminer pour laisser apparaître toute sa sensualité, ses douleurs, ses quêtes, sa beauté encore plus fort. Le concours du Théâtre 13 se termine le 25 juin, souhaitons-lui le meilleur là bas et ailleurs sur la route des spectateurs.

Visuels : (c) Stéphanie Branchu.

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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