Théâtre

Il y a (trop?) longtemps que je t’aime

Il y a (trop?) longtemps que je t’aime

07 mars 2012 | PAR Sandrine et Igor Weislinger

Une femme attend son mari. Elle fait la cuisine et se remémore leurs vingt-deux ans de vie commune, elle dresse la liste des griefs qu’elle a accumulé à l’encontre de son conjoint avec lequel elle est décidée à avoir ce soir là une discussion sérieuse pour remettre les choses au point…à moins qu’elle ne le quitte, enfin, elle ne sait pas trop, elle soupèse le pour et le contre.

 

Après Océanerosemarie, sa pièce très appréciée pendant le festival « Le Paris des femmes », Murielle Magellan nous offre un nouveau texte très bien écrit parlant aussi de la condition féminine. Les paroles de la femme qu’elle a écrite sonnent justes, vraies sur scène, elles sont affûtées. La problématique: celle des incompris dans le couple, des non dits, du détachement l’un de l’autre à cause du travail, les tensions belle-mère belle-fille, les petites piques, tout ceci fait hélas partie de la réalité de beaucoup de couples et il est intéressant de voir une femme traiter le sujet et se poser la question quand à ce qu’on peut faire face à ces vicissitudes de la vie commune.

Il y a du suspense de ce fait, la femme a le choix entre plusieurs chemins et la mise en scène efficace de Jade Duviquet, déjà connue pour avoir celle d’Il est plus facile d’avoir du ventre que du cœur,  contribue à nous faire suivre avec attention chacun des atermoiements du personnage ou plus exactement de son cœur qui balance justement entre son amour pour son mari et son désir d’une nouvelle vie faite de liberté, elle a la liberté de choisir entre poursuivre l’histoire qu’elle vit déjà ou en écrire une autre. Le décor est  habile et très bien exploité d’une manière qui nous fait parfois sourire et contribue au piquant de la pièce, le costume nous met bien dans l’ambiance, les émotions de cette femme entre deux âges et entre deux vies qui cherche le meilleur moyen d’entamer la vieillesse sans tristesse, sans la sentir arriver sur ses épaules. Chapeau à l’actrice, Martine Fontaine, qui, après sa prestation dans Je ne me sens pas belle, aussi un sujet qui occupe et préoccupe beaucoup de femmes,  déploie une superbe énergie et un grand naturel dans un seul en scène pas évident du tout où elle maintient remarquablement bien et la tension et notre attention.

Une très belle prestation digne d’éloges et de notre intérêt, une confirmation de la pertinence de la manufacture des abbesses qui a fait le choix de privilégier les auteurs de théâtre contemporains. Attention, l’eau est sur le feu!

Le panier de Jean Leroy et Matthieu Maudet
Musique : la femme à l’honneur dans les duos
Sandrine et Igor Weislinger

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