Théâtre

Hobb Story : sex in the ( Arab) city : la schizophrénie du langage

11 mars 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Vous saviez que le mot homosexualité n’existait pas en arabe ? Baiser non plus ? Il n’y aurait alors ni sexe ni homosexuels in the Arab city ? Vous le saurez  en faisant le voyage jusqu’au Tarmac de la Villette où la pièce « Hobb Story, sex in the (Arab) city » débarque suite à son succès au festival d’Hammamet pour décrypter le dessous des mots.

Lofti Achour et Anissa Daoud signent une mise en scène élégante qui allie un champ de blé à un écran vidéo. Nous assistons à une émission de télé sur l’amour et le sexe chez des français également partagés entre deux cultures au rapport au sexe contradictoire.

S’alternent  alors, des saynètes jouées , chantées et même dansées, au milieu des tiges, et des témoignages filmés de français de culture magrébine ou de religion musulmane.   Le jeu et les témoignages racontent le rapport au corps dans cette «  Arab city » , une ville arabe à la fois géographique et fantasmée.  L’oppression et le silence des femmes, l’homosexualité vécue mais cachée et le poids des fondamentalistes  viennent expliquer de façon intelligente la relation à l’autre dans la civilisation maghrébine  où le corps parle plus que la  bouche

L’ensemble devise sur l’acte de parler d’amour dans une société où  « l’amour en mot ne nous correspond pas ». Pertinent et intéressant , « Hobb Story » déconstruit les stéréotypes  en révélant l’immense dichotomie entre le langage et les pratiques. Si le spectacle manque parfois de rythme, notamment à cause de moments chantés non traduits  et un peu faciles, « Hobb Story » reste un bon pamphlet  militant contre la bêtise, l’homophobie et la misogynie, dénonçant des pratiques archaïques et mystiques, notamment en montrant le film d’une jeune femme pensant que les jus de fruits protègent du VIH…ambiance !

Lors de la générale de presse, les sous- titres n’étaient pas lisibles, belle ironie  pour un spectacle bilingue sur la difficulté de porter les mots, ironie qui prend tout son sens à l’heure où la directrice du Tarmac,  Valérie Baran choisit de rentrer en résistance contre les pouvoirs publics qui veulent lui couper la parole.

 Hobb Story, d’ Anissa Daoud, Mise en scène Lotfi Achour, Dramaturgie Lotfi Achour et Anissa Daoud. Avec la contribution de Moez Toumi et Raja Farhat. Musique et univers sonore Jawhar Basti. Avec Jawhar Basti, Thierry Blanc, Anissa Daoud, Mahmoud Saïd et Lina Murad Du mardi au vendredi à 20h, le samedi à 16h. Tarmac de la Villette. Le théâtre est situé sur le Parc de la Villette, derrière la Grande Halle. Métro Porte de Pantin – Bus PC2, PC3 ou 75 -Parking (Nord) payant sous la Cité des Sciences, accès par le boulevard Macdonald ou par le quai de Charente.
Parking (Sud) payant sous la Cité de la Musique, accès par l’avenue Jean Jaurès.

Plein tarif : 16 euros, tarif réduit : 12.

Le « bar à manger » et la librairie vous accueillent dès 19h en semaine et dès 15h le samedi.

 Crédit photo : Eric Legrand

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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