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Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient 2022 : des inédits et avant-premières à voir jusqu’au 1er avril

Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient 2022 : des inédits et avant-premières à voir jusqu’au 1er avril

26 mars 2022 | PAR Geoffrey Nabavian

La dix-septième édition du festival de films se poursuit à Paris et en Seine-Saint-Denis.

Jusqu’au 1er avril, le Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient continue à dévoiler ses avant-premières et ses séances spéciales. Elles sont à voir notamment à Aubervilliers, au Studio, qui propose deux séances thématiques, l’une composée de courts et titrée « Langues vivantes, Langues absentes », avec pour objet « le rapport de la diaspora et des Algériens à leurs langues ». Avec, dans le cadre de cette projection à voir le 26 mars à 14h, et organisée en partenariat avec la Maison des Langues et des Cultures d’Aubervilliers, la présence des cinéastes Jean-Baptiste Dusséaux (avec son court Tatoués), Nina Khada (avec Je me suis mordue la langue), et Amira Louadah (La Grosse Moula ou Li Michan). L’autre menu thématique, à voir lui le 27 mars à  11h et 14h30, étant composé de deux films iraniens présentés par Bamchade Pourvali, spécialiste de ce cinéma : Les Enfants du soleil de Majid Majidi et Hit the road de Panah Panahi, film tout récent remarqué à la Quinzaine des réalisateurs pendant Cannes 2021.

Le Festival verra sa séance de clôture se dérouler le 1er avril à l’Institut du Monde Arabe, avec pour film choisi Le Monde après nous de Louda Ben Salah. Avec aussi auparavant, dans les murs de l’Institut, deux avant-premières prévues, celles de Demain de Dhafer L’Abidine (le 30 mars) et celle de Face à la mer d’Ely Dagher (le 29 mars), lui aussi remarqué pendant la Quinzaine des réalisateurs au cours de Cannes 2021.

Prix et Focus Turquie

Les distinctions de l’édition 2022 ont été remis le 20 mars, au sein du cinéma l’Ecran, à Saint-Denis. Comme chaque année, le jury lycéen, sous la houlette d’un ou d’une cinéaste – en l’occurrence, cette fois, Manele Labidi – a pu visionner des courts, et remettre ses mentions. Au final, le film court de fiction couronné par le Prix Jury Lycéen PCMMO – TV5 Monde a été Omé, de Wassim Geagea, qui suit la quête d’un garçon de neuf ans pour « ramener sa mère du ciel », suite à son décès. Côté documentaire, le Prix de cette année est allé à Angle mort, de Lotfi Achour, qui livre le témoignage d’un homme enlevé et torturé en 1991 sous le régime de Ben Ali en Tunisie, mis en perspective avec les questions que sa mère se posait à l’époque, en son absence. Un court également distingué, côté choix du public du Festival, par le Coup de cœur Public Documentaire.

Les spectateurs, eux, ont par ailleurs attribué leur Coup de coeur Public Fiction à Warsha, de Dania Bdeir, qui se déroule autour de la grue la plus haute et dangereuse du Liban. Et les collégiens d’Evariste Gallois à Epinay-sur-Seine ont offert leur Mention spéciale au court de fiction Partir en poussièred’Hüseyin Aydin Gürsoy, qui a pour héros des travailleurs clandestins en France ayant du mal à être payés.

Suite à ces Prix, l’un des films du Focus Turquie présent cette année dand la programmation a été dévoilé : le très beau Something Useful, porté par la réalisation d’exception de Pelin Esmer et trois magnifiques interprètes : Basak Köklükaya, l’un peu plus jeune Öykü Karayel, et Yigit Özsener, qui incarne un paralytique.

Itinéraire de deux femmes de deux générations différentes se rendant en train dans une station balnéaire – la moins âgée des deux ayant une mission à y accomplir, guère évidente – le film apparaît travaillé, autant que profond et baignant dans une atmosphère en demi-teinte, crépusculaire et belle. Les scènes se passant à bord du train y paraissent tissées avec des dialogues simples mais pas superficiels, et des détails offerts quant à la Turquie d’aujourd’hui. Une justesse qui atteint même les surimpressions que la réalisatrice se permet parfois. 

Jusqu’au bout, les protagonistes centrales semblent crédibles et émouvantes. C’est que la cinéaste a la bonne idée de ne pas trop charger son atmosphère en drame, de la laisser rester réaliste tout en faisant effleurer la mélancolie qui l’habite. Un film inédit, qu’on espère revoir bientôt en France.

Le Panorama des Cinémas du Maghreb et du Moyen-Orient, édition 2022, se déroule encore jusqu’au 1er avril. Infos et réservations : https://bit.ly/3tGe2fs

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Visuel 1 : Something Useful © Topkapi Films / Mars Produksiyon / Mîtos Film

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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