Théâtre

Hamlet, la fin d’une enfance au Lucernaire

07 novembre 2010 | PAR Elise Arnould

Thomas Marceul propose un spectacle inspiré d’Hamlet de Shakespeare. Seul en scène, il interprète ou fait interpréter tour à tour tous les personnages. Si tous les moments phares de la tragédie sont présents, il s’agit d’une reprise peu conventionnelle. Le texte de Shakespeare est repris par touches et l’histoire nous est restituée condensée. 

Thomas Marceul s’approprie l’histoire d’Hamlet et la détourne. Il nous introduit dans la chambre d’un enfant plongé au cœur du divorce des parents et du remariage de sa mère. L’enfant à l’imagination fertile s’empare de tout ce qui l’entoure, les jouets comme les objets composant sa chambre devenant personnages pour revivre l’histoire d’Hamlet. Mais cette fois-ci la vie réelle reste à la porte, elle ne s’insinue que par touches dans l’histoire. Le parallèle entre la vie de l’enfant et la vie imaginaire d’Hamlet semble un peu prétexte, les démons et angoisses de la figure littéraire étant bien plus extrêmes.

 

          Si Thomas Marceul n’est pas nécessairement convainquant dans la reprise du texte original, lorsqu’il s’en éloigne, abandonnant l’habit du tragédien pour endosser celui du conteur, il devient fantastique. Chaque jouet a son rôle et ne saurait y déroger. Il semble retourner à l’origine du théâtre à savoir le plaisir du jeu, le plaisir du « on dirait que toi tu es le roi » avec une énergie et une spontanéité qu’il ne laisse jamais retomber. Cette approche enfantine et raccourcie d’Hamlet paraitra probablement légère à certains mais son engagement physique et vocal lui confère un rythme qui ne tombe jamais dans la mièvrerie ou l’enfantillage. Une rencontre avec un acteur qui réussit à nous transporter dans Hamlet sans même utiliser les artifices des reconstitutions.

           Mention spéciale pour le vieux Polonius le moins personnifié de tous les intervenants et pourtant le plus saisissant de vie. Thomas Marceul réussi le tour de force de donner vie à des objets et nous y fait croire. Un conteur inspiré et engagé, de ceux qu’on aimerait croiser plus souvent tant il nous donne envie de le suivre dans n’importe quelle contrée imaginaire.

 

 

 

 

 

 

À 18h30 du Mardi au Samedi

Lucernaire                                                                                                    

53 rue Notre Dame des Champs

75006 Paris

Réservations : 01 45 44 57 34

 

Hélène Taptas : Une artiste à découvrir à Paris du 13 au 24 novembre
Cleo T, 1973 et Ndidi O. au Batofar, le 9 novembre
Elise Arnould

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *