Théâtre

François Orsoni mène le Baal au festival In

23 juillet 2010 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Spectacle coup de poing au cloître des Célestins. Pour sa première incursion dans le « In », François Orsoni propose une version contemporaine et musicale de Baal, la 1ere pièce de Bretcht écrite au lendemain de la 1ere Guerre Mondiale. Ce jeune homme séducteur et assoiffé est incarné par une Clothilde Hesme magistrale en mec androgyne.

Baal règne sur ses amis, sur les jeunes filles et sur l’alcool. En hébreu son nom signifie seigneur et cela n’est pas un hasard. Il parle de lui à la 3e personne et fait le beau. Vite, tous se mettent à table  pour vider les bouteilles. La musique live éclate, composée par Thomas Heuer, ancien des bérruriers noirs. Résolument rock, Baal, boit, baise, parle, séduit et souffre. La pièce apparaît comme une « métaphore du conflit mondial dans ce débordement de chair, un genre de suicide» dit Orsoni. Il est vrai que Baal est en excès, systématiquement révolté, en crise d’ado permanente .

Les costumes jouent sur des époques croisées, années soixante-dix  pour une tenue sportive des plus drôles ou  tailleur  fifties pour les dames, Baal  est lui  résolument  d’aujourd’hui. Orsoni ne cesse de croiser les identités sexuelles, Baal est joué par une femme, une femme est jouée par un homme résolument gay. Seules les filles restent stéréotypées de façon volontaire: minette en tenue de collégienne, une mère défoncée en tailleur rose, une femme qu’il aime en petite robe jaune. Tout détonne dans cette pièce, Baal ne tient pas en place. Orsoni par sa mise en scène transcende le mouvement: les couleurs explosent, la terre se transforme en boue, les hommes meurent. Au cœur de ces tranchées, il faut saluer le rôle d’Eckart qui dans un monologue orgasmique vient détourner poliment le texte pour nous emmener dans la spirale infernale de Baal.

Une petite merveille à découvrir jusqu’au 25 juillet à Avignon, au cloître des Céléstins , 22H, 33 (0)4 90 14 14 60, 13€ à 27€.

Du 30 novembre au 22 décembre 2010 – théâtre de la Bastille – 76 rue de la Roquette, 75011 Paris. Tél: 01 43 57 42 14.

Credit photo: Christophe Raynaud de Lage

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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