Théâtre
[festival MARTO] Fêter ses 30 ans avec deux marionnettes, pas si « Fastoche »

[festival MARTO] Fêter ses 30 ans avec deux marionnettes, pas si « Fastoche »

27 mars 2016 | PAR Mathieu Dochtermann

Fastoche, c’est un pas-si-seul en scène pour un comédien, un pianiste, deux marionnettes, et plusieurs voix off. Fastoche, c’est l’histoire d’un grand garçon qui n’a pas de travail et habite toujours chez ses parents, et qui veut fêter son anniversaire seul dans un appartement prêté par un pote. Fastoche, c’est drôle, touchant, parfois léger, parfois plus grave, avec de très belles manipulations, et une narration en chansons. Fastoche, c’est plutôt recommandable.

[rating=4]

Dès l’entrée du public dans la salle, le personnage principal est en scène, de face, derrière un micro. Son pianiste, de dos, joue en boucle une petite ritournelle. Puis les lumières baissent, et le jeune homme nous explique en chansons qu’il n’a rien dans sa vie, qu’il s’est fait prêté un appartement par un certain Oscar – pour quelques heures, quelques jours? – on comprend qu’il est ce que certains appelleraient cruellement un looser, et qu’il le prend avec une certaine autodérision.

Ce qui fait basculer l’histoire, et ce qui va transformer le personnage, c’est la rencontre d’un petit garçon à qui il manque un cerf-volant, et d’un vieil homme qui est passé à deux doigts de la mort dans une piscine. Ce sont les deux (magnifiques) marionnettes grandeur nature qui vont peupler la scène aux côtés du comédien. Ils vont houspiller le personnage principal, le tourmenter, le câliner, et le sortir de force de la solitude à laquelle il aspirait.

C’est tendre et bien croqué, et c’est globalement très drôle. Les marionnettes sont un délice, leur partition est très bien écrite, et leur manipulation sobre mais juste. Pierre Tual, qui joue et manipule, est tour à tour drôle et émouvant. Evidemment, on ne saura jamais si les deux personnages de l’enfant et du vieil homme « existent » réellement ou ne sont que des projections nées de l’esprit du personnage principal…

On regrettera tout de même une écriture trop peu tendue, qui mériterait d’être resserrée pour donner de la nervosité à l’intrigue. Le jeu sur les doubles, sur l’isolement du personnage principal et sa difficulté à se lier aux autres, est en revanche très convaincant.

Pièce un peu surréaliste, réflexion qui ne se prend pas au sérieux sur un phénomène générationnel souvent moqué mais peu souvent montré avec tendresse, Fastoche est un spectacle tout à fait recommandable, pour passer un excellent moment au milieu des éclats de rire. En conclusion: on en sort peut-être pas bouleversé, mais on en sort avec un large sourire.

FASTOCHE-TEASERTeaser Fastoche from TDSCPV on Vimeo.

Mise en scène Pierre Tual et Yngvild Aspeli
Ecriture et dramaturgie Laura Sillanpää
Jeu et manipulation Pierre Tual
Piano Guillaume Hunout
Construction marionnettes Polina Borisova
Scénographie Guillaume Hunout
Construction décor, création lumière et régie générale Guillaume Hunout
Son Karine Dumont, avec les voix de Sylvie Cellerier et Véronique Lespérat-Héquet
Complices Sylvie Baillon et Éric Goulouzelle
Graphisme Audrey Jamme
Production et diffusion Sarah Favier

Visuels: (C) Véronique Lespérat-Héquet et Jean Henry

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Mathieu Dochtermann
Passionné de spectacle vivant, sous toutes ses formes, des théâtres de marionnettes en particulier, du cirque et des arts de la rue également, et du théâtre de comédiens encore, malgré tout. Pratique le clown, un peu, le conte, encore plus, le théâtre, toujours, le rire, souvent. Critère central d'un bon spectacle: celui qui émeut, qui touche la chose sensible au fond de la poitrine. Le reste, c'est du bavardage. Facebook: https://www.facebook.com/matdochtermann

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