Théâtre

Effervescences à Clermont-Ferrand : on y était, on vous raconte

Effervescences à Clermont-Ferrand : on y était, on vous raconte

13 octobre 2017 | PAR Maïlys Celeux-Lanval

 

Du 6 au 8 octobre 2017, Clermont-Ferrand a accueilli une programmation culturelle exceptionnelle, dans l’idée de préparer sa candidature au titre de Capitale de la Culture 2028 : dans ses friches et ses parcs, des dizaines d’artistes ont présenté de courts spectacles au milieu d’installations en tout genre. Nous étions sur place pour partager avec les Clermontois ce moment inédit, qui a remporté un très joli succès et nous fait saliver d’envie pour la suite des événements.

Jour 1, vendredi 6 octobre, 18 heures : la très grande place de la Jaude, point central de la ville, fourmille de familles et de badauds. Tous (ou presque) sont munis de bâtons, que chacun a pu décorer à son goût dans les différents stands installés là pour l’occasion. Certains portent des lampions de papier, d’autres des pancartes avec des messages. Le géant articulé attend sagement… Il ne fait pas très froid, le ciel est clair, l’excitation monte doucement à travers la foule hétéroclite.

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On apprendra le lendemain, au pot organisé par le maire Olivier Bianchi (Parti Socialiste), que nous étions près de 10 000 ce soir-là. 10 000 à avancer lentement à travers les rues clermontoises, derrière le géant articulé, en direction du beau et perché parc de Montjuzet, qui domine la ville. Là, la compagnie Carabosse avait installé sur les collines et entre les arbres toutes sortes d’installations de feux, qui réchauffaient l’atmosphère tout en invitant à la visite active – car il fallait bouger, se balader, et on a vu bien des imprudents se risquer à palper les flammes. Le tout avec une pointe de musique, puisque les feux étaient accompagnés de concerts enchanteurs, sous deux petits kiosques décorés de fleurs. Génie !

Coup de grâce : un bol de soupe était offert sous un grand chapiteau qui, malgré la foule, était libre de toute file d’attente. Ainsi, le premier soir marquait le coup avec une animation généreuse et familiale. Sans conteste, le meilleur moment du week-end Effervescences, avec une vue panoramique sur les lumières de la ville.

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Jour 2 et 3, samedi 7 et dimanche 8 octobre : place aux « Rendez-vous secrets ». Dans des recoins cachés de la ville, dans des trams affrétés spécialement pour l’occasion et même dans des caves secrètes, des artistes locaux et autres personnalités diverses réinventaient l’idée de la visite guidée. En chantant, en dansant ou en se laissant illustrer par une aquarelliste, ces guides d’un jour nous ont fait (re)découvrir la ville, non sans une certaine dose d’amateurisme, mais avec, il faut le reconnaître, une poésie et une sympathie communicatives. Clermont-Ferrand et son sol hérité des volcans ont donc été racontés avec gouaille aux touristes et aux habitants, qui courraient ensuite à l’Hôtel-Dieu.

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L’ancien hôpital Hôtel-Dieu, habituellement fermé, a été pendant le week-end le lieu de toutes les rencontres et de la très grande majorité des spectacles et autres installations artistiques, food trucks de délicieuses cochonneries et buvettes pas chères. On y a vu l’acrobate Chloé Moglia, toute étonnée d’être suspendue à dix mètres au-dessus du sol, Fabrice Lambert dansant entre les arbres (quitte à désarçonner un public peu coutumier de la danse contemporaine) ou encore Jörg Müller s’ébrouer dans un cylindre rempli d’eau… Il suffisait de changer de coin pour tomber sur un artiste différent. L’alchimie de l’inattendu et de l’étrange agissait petit à petit, séduisant particulièrement les enfants, rois de la fête.

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Faisons un petit clin d’œil à la performance enchanteresse de la harpiste Laure Brisa, qui s’est emparée du coucher de soleil du samedi soir pour nous emporter dans son univers indé/trip hop, assistée en direct par ordinateur ; la musicienne se levait parfois pour frapper de coups de poing et de pieds rageurs harpe sa pauvre harpe, maniée avec dextérité une minute auparavant, et elle a réussi à réveiller une foule timide, introduisant les joies de la nuit.

Car, à partir de 23 heures, tous les jeunes de la ville se sont réunis dans les anciens locaux de l’école d’architecture pour fêter à leur façon l’une des promesses de la candidature de Clermont-Ferrand au titre de Capitale de la Culture : peu de constructions, car beaucoup de friches réinvesties. Le résultat était parfait, joyeux, à l’image du week-end entier.

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Bilan : par la diversité et, en même temps, la cohérence poétique de ses choix, le directeur artistique Philippe Kauffmann a montré que Clermont-Ferrand pouvait, si ce n’est devenir Capitale de la Culture, du moins dépoussiérer son image et organiser pour ses habitants, ultra-présents ce week-end-là, des rendez-vous fantasques régulièrement. Une effervescence nouvelle, façon petite graine tout juste plantée. À nous d’arroser !

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Maïlys Celeux-Lanval

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