
Douglas Grauwels boxe le monde moderne au Off d’Avignon
Au Train Bleu, le comédien offre un seul en scène musclé aux initiales mythiques. JC frise le stand up dans un coup de poing qui cherche le KO.
L’assistant à la mise en scène de Falk Richter et Christopher Kondek dans For the disconnected child, tout de même donné à la Schaubühne à Berlin, se met donc chaque soir en danger en campant seul JC, de Juliette Navis. Le texte est librement inspiré d’Au cœur de la Monnaie de Bernard Lietaer. Le livre sorti en 2011 étrille les systèmes monétaires contemporains comme étant insolubles dans l’humanité.
JC c’est avant tout Jean-Claude Van Damme. Il ne s’agit pas d’une pièce sur le comédien aux réflexions cultes, mais le phrasé très iconique de la star offre à Douglas Grauwels une façon de parler, les yeux fous, et des petits rebonds dans les jambes. Le spectacle commence très fort. Sur le petit plateau blanc, il combat comme dans un film de kung fu seul contre tous. Le verbe est rapide et le corps est très présent.
On se marre beaucoup beaucoup dans cet enchaînement de punchlines sur le couple, sa mère, l’écologie, les banques… Tout le monde moderne est passé au crible des uppercuts.
La logorrhée est toujours soutenue par une écriture chorégraphique sportive. L’idée d’utiliser la façon de penser de Van Damme est belle, il s’en sert comme un Idiot des XXe et XXIe siècle. JC est surtout l’occasion de voir au plateau ce comédien très puissant, mais sur le fond, le texte épuise. Il est question bien trop en surface d’interroger l’inconscient collectif. L’entreprise est louable. Notre JC veut interroger le patriarcat et redonner aux femmes une place de choix, mais les coups deviennent trop lourds et finissent par assommer. Le spectacle souffre de sa forme : un seul en scène très punchy. La belle performance glisse dans le monocorde et manque de relief.
Reste un très bon moment où pour deux apports il faut voir JC : le jeu dément de Douglas Grauwels et la première partie à hurler de rire.
Au Train Bleu, à 22h20, jusqu’au 24, relâche le 18.
Visuel :©Alice Piemme / AML