Arts

Bizarrerie et récit d’auto-fiction au festival « Les Singuliers » au 104

Bizarrerie et récit d’auto-fiction au festival « Les Singuliers » au 104

22 janvier 2020 | PAR Anne Verdaguer

Programmation foisonnante et réjouissante pour cette nouvelle édition du festival Les Singuliers au 104, avec une volonté affichée de transgresser les règles à travers des artistes hors normes qui proposent des créations à la frontière de leurs disciplines habituelles. On se laisse emporter dans l’univers de chacun, à la frontière entre le sensationnel, le saugrenu et la folie.

 

Un homme s’avance dans le noir une couverture en guise de traîne faite de bouts de tissus hétéroclites jetée sur les épaules. Il la jette par terre et apparaît en robe lamée, son cri sort alors du fin fond des entrailles, un discours saccadé fait de saillies sibyllines en quête de sens. A ses côtés, dans une cage, un musicien gratte et frôle les grilles en métal, comme une métaphore du fou qui tente de sortir de son propre enfermement. S’ensuivent insultes, éructations, crachats… puis la douceur, la poésie qui surgit de nulle part.

Jacqueline, écrits d’art brut, la nouvelle création d’Olivier Martin-Salvan, artiste associé au 104, ouvre cette 4ème édition du festival Les Singuliers. Une proposition radicale dans laquelle le comédien s’empare de textes anonymes écrits par les patients de l’hôpital psychiatrique Sainte Anne à Paris, qu’il s’approprie dans un corps à corps qu’il a conçu aux limites de la monstruosité. Sans filtre et droit dans les phares, on ne sort pas indemne de cette incarnation, au bord de l’épuisement. 

Dans un genre tout à fait différent, l’exposition Mmmh [maison musée Michel Houellebecq], du duo d’artistes aalliicceelleessccaannnnee&ssoonniiaaddeerrzzyyppoollsskki propose une expérience immersive dans un monde post-Houellebecquien. Drôle et ludique, le parcours nous entraîne dans le monde absurde et crépusculaire de l’écrivain, partant du principe que celui ci est mort en 2032, et que le visiteur a été chargé de devenir le conservateur immortel de sa future maison-musée.

Les unes de journaux post-mortem plus réalistes les unes que les autres côtoient les thèses les plus farfelues sur la façon dont il serait mort et la reproduction d’objets qui le sanctuarisent (cendrier en cristal, robe de chambre, os à ronger de son chien). Réjouissante et géniale, cette exposition questionne l’être et le devenir, et notre besoin impérieux de mémoire, même pour les plus controversés de nos contemporains!

Beaucoup d’autres spectacles, performances et exposition sont à découvrir jusqu’au 25 Janvier, laissez vous surprendre !

Festival Les Singuliers, des artistes singuliers, des formes plurielles au Centquatre, 104 avenue d’Aubervilliers, 75019 Paris, jusqu’au 25 Janvier

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Anne Verdaguer

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