Théâtre

[AVIGNON OFF] La vie trépidante de Laura Wilson au 11 Gilmamesh Belleville

[AVIGNON OFF] La vie trépidante de Laura Wilson au 11 Gilmamesh Belleville

18 juillet 2017 | PAR Maïlys Celeux-Lanval

Avignon possède un tout nouveau théâtre, fraîchement sorti de plusieurs semaines de travaux à quelques heures du début du festival : on y joue notamment La vie trépidante de Laura Wilson du 6 au 28 juillet 2017, à 15h40, une création signée Jean-Marie Piemme pour le texte et Jean Boillot pour la mise en scène. L’histoire : Laura Wilson est une femme moderne, jupe serrée et talons hauts, qui perd son travail, son appartement et la garde de son enfant du jour au lendemain. La pièce est le récit de son errance post-traumatique, de balades au musée en aventures amoureuses.

Les femmes sont, cette année plus que jamais, au cœur de la programmation des festivals IN et OFF d’Avignon. Laura Wilson est partout en ville (un grand bravo aux afficheurs !), représentée par un smiley qui hurle sur une explosion de couleurs. La raison de son cri est plus que légitime, puisque la miss a perdu la confiance de la société et se retrouve comme une pauvre cloche, dans un décor qui réunit une salle de réunion, un salon, un écran et quelques micros.

Pour l’incarner, la comédienne Isabelle Ronayette s’entoure de Philippe Lardaud, Régis Laroche et Hervé Rigaud, qui sont tour à tour amant, fils, père et patron, chantent parfois, l’embrassent, l’espionnent, la repoussent. Cernée par les hommes, Laura Wilson est également souvent filmée : par elle-même lorsqu’elle s’observe avec une obsession dépressive par la petite caméra de son téléphone, par son fils lorsqu’il espionne ses disputes avec son ex-mari en coulisses, par n’importe qui. Les images vidéo sont projetées sur un écran géant qui expose le spectateur à une intimité voyeuriste – de ce qu’il a pourtant sous les yeux…

L’écriture se dispense d’affect pour mieux se tourner vers l’expression de la vivacité (ou non) d’une héroïne-icône, avatar de l’idée de la femme moderne qui évolue dans un monde masculin plus ou moins hostile ; un peu stéréotypé, peut-être.

Mais dans ce magma amusant, mâtiné de références pop et de drôlerie, le désespoir de Laura Wilson se laisse oublier dans la culture : passionnée de Brueghel dont elle découvre, captivée, La Chute des anges rebelles, chantant et dansant, la jeune femme dilue son malheur dans une inventivité toute contemporaine, bordélique, spontanée. Et dessine, petit à petit, la forme d’une échappatoire.

Informations pratiques : 
La Vie trépidante de Laura Wilson
Au 11 Gilgamesh Belleville
Du 6 au 28 juillet 2017
Tarifs : entre 12 et 17 euros

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Maïlys Celeux-Lanval

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