Danse
Le Néant accompli de Dave St-Pierre au Off d’Avignon

Le Néant accompli de Dave St-Pierre au Off d’Avignon

18 juillet 2017 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Dave St-Pierre, danseur pluriel et chorégraphe québécois reconnu et ultra connu est au Off d’Avignon. Improbable. Comment celui qui en 2009 révolutionnait le Festival d’Avignon, dans le cloître des Célestins avec Un peu de tendresse bordel de merde se retrouve dans la précarité des conditions du Off? Impensable quand on se souvient du focus que le Théâtre de la Ville lui consacrait en 2014. Néant est à voir à 10h30 au Théâtre de l’Oulle jusqu’au 30.

Pourquoi nous insistons? Parce que là est le sujet de cette pièce, Néant, qui sera présentée dans sa version intégrale, soit 6 heures, au Festival Actoral en octobre à Marseille.
Le sujet est le statut de l’artiste. Et comme Dave St-Pierre est très talentueux cela est fait avec humour et intelligence. La célébrité et la réputation ne seraient-elles que fumée et ballons dégonflés?
En attendant de savoir il est là, à poil et perruque blonde, enfermé dans une housse de pressing. Il harangue avec humour les spectateurs et indique avec son accent québécois inimitable « quand on prend des risques, on se retrouve dans le Off ». Nous sommes là dans le rituel typique du commencement chez St-Pierre. Le spectacle commence toujours par l’accueil du public.
Nous allons donc assister à un pas de deux où Dave St-Pierre est schizophrène : lui pitre/ lui danseur de génie.  Et sur le plateau, un gros cube blanc va bientôt livrer son secret.

Cet interprète de Pina Baush, Jan Fabre, Olivier Dubois nous rappelle ses faits de gloire avant de danser comme seul Dave St-Pierre le peut. Torse bombé et ventre rentré, image de danse macabre. Il déambule tel un fantôme de faune. C’est si beau.

Il est à la fois le marionnettiste et la marionnette et change de position en une seconde. Il jette la beauté en un mouvement : en remettant sa perruque.

Le spectacle est programmé à 10h30 au Théâtre de L’Oulle, jusqu’au 30. Pendant que le public applaudit, la pièce suivante et déjà en train de se mettre en place. Et pourtant le cheap, le précaire,  deviennent de l’or dans ses mains. Il transforme le plastique en grande flamme, et la vapeur en brume muséale. C’est là encore, très beau.

Axel Huot projette sur lui des vidéos qui semblent sortir de son corps, sans déborder. Le danseur ne danse plus, il accueille l’image. Il joue les statues éternelles tant il cherche à figer le moment. Les photos sont autorisées pendant le spectacle et lui-même n’hésite pas à se moquer de la mode des selfies.

Un spectacle à voir absolument, qui entre poésie, humour et superbe interroge la fragilité du métier de danseur.

Visuel ©Axel Huot

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