Théâtre
Avignon, éternelles polémiques

Avignon, éternelles polémiques

08 juillet 2011 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Depuis 1947, chaque festival a son lot de polémiques. 1967 et la danse de Bejart faisant son entrée dans la programmation théâtrale, 2003 et l’entrée de la performance fracassante de Jan Fabre. En 2011, il faut chercher ce qui pourra déranger dans une édition plus facile d’accès, plus classique et plus consensuelle. C’est justement celle-ci que Fabrice Luchini a taxé de « secte ».

De vielles questions

Tempête dans un verre d’eau. Le lendemain de l’ouverture du festival, Fabrice Lucchini a dit son mépris pour une programmation digne « d’une secte ». Et pourtant, il suffit de lire le programme à défaut de se déplacer jusqu’à la cité papale. Wajdi Mouawad, Charmatz, Chereau, Castelluci, Strinberg, Pineau… Sans se plier au jeu du name dropping, il est assez facile de se rendre compte que la 65e édition fait la part belle aux auteurs et metteurs en scène à la réputation déjà assise.

Fabrice Lucchini a mal choisi son année pour faire d’Avignon un festival d’Avant-garde. Le ministre de la culture a répondu sur France Inter fermement : «Il faut aller à Avignon pour se rendre compte que ce n’est pas une secte et que ce n’est pas snob. Avignon est un lieu de passion dévolu à la création. Donc, à partir de ce moment-là, il a un rôle pionnier qui fait que l’on présente quelques fois des œuvres théâtrales qui ne recueillent pas l’assentiment de tout le public.»

Pendant ce temps, à Avignon, les mots de Luchini n’ont effleuré personne, ici, les salles sont pleines d’un public de plus en plus diversifié, en témoigne l’ouverture du festival par le Petit projet de la matière. Anne-Marie Lescop a depuis le mois de janvier travaillé avec les enfants de l’école d’un quartier sensible de la ville pour présenter, gratuitement, un superbe spectacle de danse. Quand au Suicidé, qui a ouvert les grands spectacles, on aura reproché le manque de folie lors de la première et salué la présentation d’un texte rare, censuré et militant.

Un vrai débat?

Présent à Avignon, Frédéric Mitterrand s’est rendu au village du off. Au micro de nos amis de Scène Web, il y a dit ne « pas distinguer le In et le Off ». Pour le moment le Off est un salon du théâtre où les compagnies se ruinent dans l’indifférence de leur direction. Les mots du ministre évoquant un soutien nouveau au Off. Sont-ils annonciateurs d’un changement d’attitude? « Cette complémentarité (entre le In et le Off)  mon ministère l’accompagne » a déclaré Frédéric Mitterrand, repris par le directeur du Off, Greg Germain qui a mis la phrase au futur, « l’accompagnera »…

A suivre.

 

 

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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