Performance
Sur les bords: La 5ème édition du week-end de performances du T2G

Sur les bords: La 5ème édition du week-end de performances du T2G

17 janvier 2022 | PAR Aminata Fofana

Un week-end de performances a eu lieu du 14 au 16 janvier 2022 au Théâtre de Gennevilliers (T2G). La 5ème édition de Sur Les Bords a rassemblé Charlotte Bouckaert, GRAND MAGASIN, Maxime Kurvers, Myriam Lefkowitz, Old Masters, Rocé, et YouYou Group autour du thème de la création artistique et de ses sources.

“YouYou”, le cri à l’unisson

Le dernier jour, nous avons assisté à deux performances complètement opposées. L’entrée en matière est puissante, une performance vocale de dix minutes offerte par le YouYou groupe. Pendant la moitié du spectacle, soit les 5 premières minutes, ces femmes ont l’air de chanter d’une voix un air de film d’horreur puis vient la chute, des cris de joie individuelle. Ils viennent effacer l’ambiance anxiogène et boucle ce long temps par une sorte de fin heureuse.

Un spectacle qui trouble notre perception

Charlotte Bouckaert est une artiste visuelle, scénographe et performeuse qui constitue souvent son travail autour de la photographie. Elle est fascinée par le rapport entre le temps et l’image, et détient un joli panel de performances autour de cette question.

Seule sur scène, Charlotte Bouckaert est uniquement accompagnée d’une caméra inclinée vers un petit atelier. Chaque geste, chaque outil manié par l’artiste belge est projeté sur le mur, partageant et imposant un sens à notre regard.

Pour cette première performance française, la photo du Guggenheim de New York est le point de départ de la narration. Filtres bleu, jaune, rouge, papiers découpés, doubles d’éléments de la photo, sons d’accident de voiture et conversations des personnes sur la photo viennent se superposer et donner vie à l’instant figé. Elle joue avec nos points de vues: d’abord zoom puis premier plan, gauche et ensuite droite, elle trouble la perception du public et change l’aspect de l’image comme bon lui semble.

Dans ses performances, elle fait en sorte que le public se concentre sur l’ensemble des actions qui conduisent à l’instant capturé et non sur la simple image.

Prendre une photo c’est « immortaliser » le moment. Pourtant en retournant plus tard sur cette image, on ignore ce qui se disait, on ne se souvient pas des personnes présentes, qui était heureux, qui rigolait, qui s’ennuyait dans ce musée.

L’histoire est effacée et le spectateur y prête trop peu de temps pour se demander combien de scénarios peut offrir cette même image. Charlotte Bouckaert utilise ce mystère pour créer de nouvelles vies délirantes, qui le sont peut être moins que la réalité.

Et c’est notre réalité qu’elle questionne; entre chaque conversation absurde et pensées futiles, sont soulevées des problématiques sociétales actuelles.

Elle délivre une performance hybride et contemporaine qui explore la perception que l’on a sur une œuvre artistique et transforme 11 secondes, le temps moyen qu’une personne passe à regarder en 1 heure de plongeon au cœur de l’image.

Visuel : © Philippe Boulet 

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Aminata Fofana

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