Performance
Short and sweet à La Loge : 9 propositions autour de l’Utopie

Short and sweet à La Loge : 9 propositions autour de l’Utopie

22 septembre 2014 | PAR Camille Lucile Clerchon

Short and sweet est un concept artistique venu du froid, le chorégraphe Eric Arnal Burtschy en est l’importateur et c’est à La Loge que s’est déroulée la première édition. On attend déjà les prochaines avec impatience.

Inspiré des évênements chorégraphiques organisés par les québécois Sasha Kleinplatz et Andrew Tay, les Short and sweet donnent carte blanche à un grand nombre d’artistes pour la présentation d’une forme (très) courte autour d’un thème prédéfini.

Concrètement, cela donne une déferlante de propositions, sur un rythme effréné. On ne s’ennuie pas, et on se souvient de certains travaux plus que d’autres.
Eric Arnal Burtschy a réuni une dizaine d’artistes autour d’un thème : l’Utopie… ni plus, ni moins. Sa programmation souligne magnifiquement les inspirations que la performance puise au sein des disciplines artistiques les plus diverses ( et inversement, cet attrait de toute les disciplines artistiques pour le mode performatif).
On retient l’entrée en matière, assurée avec brio et tee shirt pailleté : c’est Aude Lachaise qui danse entre la flamboyante désuétude de l’utopie, «mot sans contenu» et l’âpreté si poétique du réel.
Laurent Chanel installe sur le plateau un dispositif captivant, où un triangle élastique en trois dimensions nous plonge dans d’inattendus méandres émotionnels : une marionnette aux allures de problème de géométrie dans l’espace dont l’organicité nous entraîne dans une expérience haletante. Et on a hâte de retrouver Laurent Chanel pour d’autres expériences de ce type.
Malika Djardi débarque nue, muscles bandés, et rappelle que l’utopie traverse les champs de la pensée comme ceux du corps, et que s’y dessine le totalitarisme en filigrane.
Luna Haertjens crée une performance entre hommage et humour, autour d’une gravure alchimique de la Renaissance, clé de la connaissance universelle.
C’est Marie Payen qui clôture la soirée, se déclarant en grève, avec pour revendication, un «Non à l’utopie!». Et elle a fait ses banderoles, vite fait, bien fait, et on en parle du «réel» : «Non au plein emploi!» «Non à l’emploi!» et surtout «Non à l’employeur!». La boucle est bouclée, la question est bien politique, et il s’agit de rêver encore… citant Beckett « try again, fail again, fail better», et l’on se rappelle qu’en ce début de soirée, Aude Lachaise nous disait déjà « le temps de la chute, je vole».

visuel © Julia Galdo & Cody Cloud

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Camille Lucile Clerchon

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