Danse
Bouncing Universe in a Bulk – The Sky, Eric Arnal Burtschy fait danser l’infini

Bouncing Universe in a Bulk – The Sky, Eric Arnal Burtschy fait danser l’infini

11 février 2013 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Au théâtre de Vanves se tient un festival monstre alliant danse, performance et théâtre. Il s’agit d’Artenthé qui pour la quinzième année mêle jeune création et stars. Aux côtés de Boris Charmatz ou des Chiens de Navarre, un jeune chorégraphe, Eric Arnal Burtschy vient ce soir vous raconter sa version du Bing Bang. Prometteur.

Du son, du gros son. Des vibrations qui enrobent tout du sol au plafond. L’inspiration vient se nicher, peut être, dans The four saison restaurant, le dernier spectacle de Roméo Castellucci qui nous plongeait dans le bruit du trou noir. Ici aussi, nous sommes intégrés dans un environnement totalement sombre. Il y a des bâches sur les deux premiers rangs de sièges. Il y a des scintillements qui nous parviennent. Tout peut arriver.

Ces étoiles sont des danseurs qui bientôt seront visibles dans une pénombre esthétisante  et très plastique.  Dans cette proposition à la forme soutenue, une poignée de performeurs va surgir sur un plateau envahit d’huile de tournesol et de pigments noirs, « le tout comestible » nous précise le chorégraphe  !

Techniquement, c’est absolument bluffant. Ces humains débarqués dans cet univers hostile vont tout tenter : courir, se jeter, sauter, glisser, mais aussi, et là, cela tient du génie, s’agripper au plateau luisant, se figer dans un acte semblant impossible. Les images sont superbes. Les corps enduits gouttent. Dans les circulations au sol, les traces s’installent avec fébrilité dans le liquide. Plus qu’une quête sur la voie lactée, c’est l’humanité en péril qui coule devant nos yeux ébahis.

Tout ici joue sur l’éphémère et ces athlètes viennent défier l’apesanteur et l’infini. Pour affirmer que l’on peut aller contre l’évidence : ici, rester stoïque quand le sol appelle à la rapidité, Eric Arnal Burtschy impose des ruptures de rythme d’autant plus belles qu’elles sont inattendues.

« La théorie du Bouncing Universe est quant à elle basée sur le principe d’une succession de phases d’expansion et de rétraction de l’Univers au cours du temps qui évoque un phénomène de balles rebondissant éternellement »

Le titre nous annonçait donc des rebonds, pas de mensonge ici, ces artistes sont un mix de béton et de caoutchouc dont les gestes les s’inscrivent dans une histoire sans fin.

Dans l’univers d’Eric, c’est le talent qui est vertigineux.

ouncing Universe in a Bulk – Eric Arnal Burtschy © Laurent Paillier

 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

3 thoughts on “Bouncing Universe in a Bulk – The Sky, Eric Arnal Burtschy fait danser l’infini”

Commentaire(s)

  • Didier

    Incroyable mélange de mouvements primitifs et d’apparitions quasi holographiques, enveloppés dans le son….
    Très très beau & captivant

    février 12, 2013 at 9 h 35 min

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