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« De la sexualité des orchidées » de Sofia Teillet ou l’occasion de rire et réfléchir

« De la sexualité des orchidées » de Sofia Teillet ou l’occasion de rire et réfléchir

18 septembre 2020 | PAR Jules Bois

« De la sexualité des orchidées » est le titre évocateur d’une conférence donnée par Sofia Teillet, membre de l’Amicale de production. Bien plus qu’un cours sur la sexualité végétale, l’exposé devient un moment hors du temps, savamment orchestré par une habile maîtresse de conférence.

Pour dresser le tableau :

Sur la scène, un chevalet de conférence, une table drapée de noir et une simple chaise d’école qui ne servira pas. Derrière, un immense écran sur lequel est projeté ce qui sera l’objet du spectacle : une fleur d’orchidée fuchsia. Pour occuper ce décors, Sofia Teillet, debout, une petite bouteille d’eau à la main.

D’un ton désinvolte, elle débute par une citation du rappeur Oxmo Puccino : « Les saisons s’dérèglent, les femmes veulent des couilles, les mecs des règles » avec pour instruction d’y penser si le moment opportun venait à se présenter durant le spectacle. Cette introduction faite, la conférence peut commencer.

De quoi ça parle ?

Mais alors, de quoi traite vraiment la conférence de Sofia Teillet ? Eh bien ! comme annoncé : de la sexualité des orchidées. De leur surprenante évolution aussi et de leurs complexes mécanismes de reproduction. Mais pas que, certes. De nombreux détours ponctuent un exposé riche et passionnant. On dérive vers le mode de reproduction des baudroies par exemple. Ou par l’arbitraire moralité que l’être humain applique à la nature. Des joyeusetés dans ce genre.

Un sous texte peut-être ? Qui sait. Mis sur une piste par la citation d’Oxmo Puccino, on cherche. Est-ce un parallèle sur le sexe féminin ? Probablement !? Une analogie des relations hommes-femmes ? Allez-savoir. Un moyen d’appréhender l’absurdité de l’existence ? Sans doute. L’occasion d’aborder la philosophie morale ? Peut-être. Et si c’était cela tout à la fois ? Nous ne saurons jamais.

Des certitudes alors ?

Ce qui est sûr, c’est que l’on rit. Beaucoup. La scène est simple, presque vide, et elle l’occupe pourtant tout entier. Sa gestuelle est hilarante, très expressive, fluide et efficace. Des sujets de prime abord arides comme l’évolution ou la reproduction végétale s’animent et se révèlent être drôles lorsqu’elle insiste, compare, appuie l’absurdité ou l’ingéniosité des mécanismes de reproduction et de survie du vivant.

Et on sort du spectacle rêveurs, presque saouls, décontenancés d’avoir tant appris et réfléchi sur autant de détails, de notions et de faits extraordinaires. De éléments qui, sans l’ingéniosité, l’effervescence et l’enthousiasme de Sofia Teillet nous seraient restés muets.

Vous pourrez retrouver ce spectacle à Paris le :

  • 18 septembre au Centre Wallonie-Bruxelles
  • 6 et 7 novembre à l’Étoile du Nord
  • 12 et 13 février au Centquatre

Plus de détails de la tournée ici

Visuel :© Camille Bondon

 

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