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Les saisons lyriques parisiennes et franciliennes passées à la loupe

Les saisons lyriques parisiennes et franciliennes passées à la loupe

03 juillet 2020 | PAR Paul Fourier

Toutes les institutions parisiennes et franciliennes ont annoncé leur saison 2020 – 2021 puis, pour certaines, ont dû les adapter pour tenir compte de l’épidémie. C’est notamment le cas de l’Opéra de Paris qui a annulé une grosse partie de son début de saison. Ceci étant, la période de confinement vous a probablement permis de faire vos choix en toute tranquillité et de projeter de rattraper le temps, une fois que l’épidémie sera derrière nous. Toutelaculture vous y aide en fonction vos goûts (cet article a été modifié suite aux changements annoncés dans les différentes institutions) :

Les amoureux.euses d’opérettes et d’opéras français du XIXe siècle pourront voir ou revoir Carmen et Faust à l’Opéra national de Paris, Werther dans sa version pour baryton, La Fille de Madame Angot et La Belle Hélène au Théâtre des Champs-Élysées (TCE). Patrizia Ciofi et Cyrille Dubois rendront hommage à Bizet, Sabine Devieilhe à Ravel, puis avec Lorenzo Viotti, à Poulenc et Ravel à la Philharmonie de Paris (PP). On retrouvera encore Berlioz avec Roméo et Juliette, d’une part, et une soirée en compagnie de Yannick Nézet-Séguin et Joyce DiDonato, d’autre part (à la Philharmonie de Paris). Et l’on n’oubliera pas également que l’Opéra Comique propose aussi, cet hiver, la reprise du Fantasio de Thomas Jolly.

Les amateurs de mise en scène modernes, voire « regie » pourront célébrer Calixto Bieito à l’ONP (Carmen) ou au théâtre du Châtelet (La Passion selon Saint-Jean) et  Dmitri Tcherniakov (La Dame de Pique à l’ONP). Ils pourront aussi voir la Salomé de Krzysztof Warlikowski (au TCE)  ainsi que l’influenceuse Traviata de Simon Stone (ONP). Ils savoureront La Voix humaine d’Olivier Py et Le Messie de Robert Wilson (tous deux au TCE) ainsi que Lessons in Love and Violence de George Benjamin mis en scène par Katie Mitchell au Théâtre du Châtelet.

Les amoureux.euses du travail bien fait se rappelleront du Capriccio de Robert Carsen (à l’ONP). Ils iront aussi voir Le Rossignol et autres fables de Stravinsky mis en scène par Robert Lepage au Théâtre du Châtelet.

Les folles (et fous) de divos, et de ceux qui n’ont pas encore atteint ce stade suprême, ne rateront ni Charles Castronovo dans Carmen (ONP), ni Roberto Alagna (dans Tosca), ni Jonas Kaufmann (dans Aïda et (peut-être) dans La Walkyrie (en version concert ?) à l’ONP), ni Ludovic Tézier (Aïda et Tosca à l’ONP), ou encore Xavier Anduaga dans Capriccio à l’ONP. Ils ne passeront pas plus à côté de Fréderic Antoun (La Traviata à l’ONP), Brian Jagde (Le Trouvère à l’ONP), Simon Keenlyside (Werther et Parsifal au TCE) et encore moins de Benjamin Bernheim et Ildar Abradzakov (Faust à l’ONP) et de Franco Fagioli (Oreste au TCE). Erwin Schrott, Philippe Jaroussky, Jonas Kaufmann, Jakub Jozef Orlinski (également dans Mitridate à la PP), Michael Spyres, Lawrence Brownlee et Benjamin Bernheim seront en récitals au TCE et Nicolas Courjal, Stanislas de Barbeyrac (en compagnie de Ambroisine Bré), Arturo Chacon-Cruz et Florian Sempey à l’Instant Lyrique de l’Elephant Paname.

Les enamouré.e.s de divas, et autres grandes chanteuses, ne manqueront ni Elina Garanca dans Aïda (ONP), ni Nadine Sierra dans La Somnambule (au TCE), ni Asmik Grigorian (dans La Dame de Pique à l’ONP et en récital à l’Instant Lyrique), ni Marie-Nicole Lemieux dans Roméo et Juliette de Berlioz à la PP. Il en sera de même avec Jessica Pratt (Les Puritains au TCE et en récital à l’Instant Lyrique), Marina Rebeka et Daniela Barcelona (Le Trouvère à l’ONP), Diana Damrau et Ekaterina Gubanova (Capriccio à l’ONP), Sondra Radvanovsky (Aïda à l’ONP), Ermonela Jaho (Faust à l’ONP), Aleksandra Kurzak (Tosca à l’ONP), Magdalena Kozena (Le Combat de Tancrède au TCE) et Michèle Losier (La Belle Hélène au TCE). Irène Theorin et Lise Davidsen seront dans Elektra à la Philharmonie de Paris.
Sumi Jo, Lisette Oropesa, Patrizia Ciofi, Sonya Yoncheva, Karine Deshayes, Olga Peretyatko, Pretty Yende et Elsa Dreisig (également dans Mitridate à la PP) seront en récitals au Théâtre des Champs-Élysées, tandis qu’Anna Netrebko, Cecilia Bartoli, Diana Damrau, Joyce DiDonato, Renée Fleming et Kristine Opolais seront, elles, à la Philharmonie de Paris et Clémentine Margaine, Sandrine Piau, Ekaterina Semenchuk et Erin Morley à l’Instant Lyrique de l’Elephant Paname. Quant à Barbara Hannigan, elle cumulera les fonctions de cheffe et de soprano lors d’un concert à la Philharmonie. Karine Deshayes sera entourée de « ses complices » à l’Athénée le 7 décembre.

Celles et ceux qui soutiennent nos fleurons du chant français (et francophone) viendront voir Julie Fuchs (Mitridate à la PP), Patricia Petibon (Salomé au TCE), Cyrille Dubois, Sabine Devieilhe et (encore) Julie Fuchs, Florian Sempey et Stanislas de Barbeyrac (La Flûte enchantée l’ONP). Cyrille Dubois sera également dans La Belle Hélène au TCE, Eve-Maud Hubeaux, Vannina Santoni et Yann Beuron dans Le Soulier de satin à l’ONP et Jean-Sébastien Bou  se partagera entre Le Soulier de satin à l’ONP, Werther au TCE et Fantasio à l’Opéra Comique. Stéphanie d’Oustrac sera Charlotte dans Werther au TCE et Anne-Catherine Gillet, Véronique Gens, Mathias Vidal et Yann Beuron éclaireront La Fille de Madame Angot au TCE. Aude Extremo et Julien Behr seront dans Le Requiem de Mozart à la Philharmonie de Paris alors que Vannina Santoni y sera dans Armida. Enfin, Stéphane Degout sera dans Hippolyte et Aricie (Opéra Comique) et dans La Passion selon Saint-Mathieu (encore à la PP). On se souviendra aussi qu’à l’Opéra Comique, Elsa Benoit, Sylvie Brunet-Grupposo et Lea Desandre participeront à Hippolyte et Aricie tandis que Marianne Crebassa, Jodie Devos et Franck Leguérinel chanteront Fantasio.

Les amateurs de Wagner rattraperont peut-être le train du Ring (une version concert semble envisagée) à l’ONP et profiteront de Parsifal (au TCE). Les plus curieux iront découvrir La Walkyrie en version de concert à l’Opéra Royal de Versailles. Ils ne gouteront en revanche que son premier acte à la Philharmonie avec Yannick Nezet-Séguin.

Les verdien.ne.s auront le choix entre La Traviata, Aïda et Le Trouvère à l’ONP, ou encore La Traviata, à l’Opéra de Massy.

Les puccinien.ne.s soit se concentreront sur Tosca à l’ONP, soit fileront à Massy voir Turandot.

Comme chaque année, les baroqueux.euses regarderont du côté du Théâtre des Champs-Élysées (Le Messie, Le Ballet Royal de la Nuit, Oreste, Le Combat de Tancrède, L’Olympiade, les Passion(s) selon Saint-Mathieu et Saint-Jean, Didon de Desmarest, Tamerlano, etc.), voire vers la Philharmonie de Paris (La Passion selon Saint-Mathieu, Teuzzone de Vivaldi) et l’Opéra Comique (Hippolyte et Aricie). En poussant jusqu’à l’Opéra Royal de Versailles, ils pourront aussi voir en version scénique Orfeo et L’incoronazione di Popea, ainsi que The Beggars’ Opera, Don Quichotte chez la duchesse, Orphée et Eurydice de Gluck, George Dandin de Lully (mis en scène par Michel Fau), Alcina, ainsi que la rare Finta Pazza de Sacrati. À l’Athénée, on découvrira le compositeur Reinhard Keiser et son Crésus et, à Massy, Les aventures du Baron de Münchhausen, une « comédie lyrique » sur des musiques de Rameau, Marais, Lully, Montéclair…

Les récitals de Philippe Jaroussky, Jakub Jozef Orlinski (aussi à Versailles), Lisette Oropesa, Jodie Devos, Patrizia Ciofi et Sonya Yoncheva au TCE joueront dans la même catégorie ; il en sera de même pour ceux de Lea Desandre (au TCE ainsi qu’à la Philharmonie de Paris) et de Véronique Gens à l’Opéra de Massy. On pourra aussi entendre Franco Fagioli et Mathias Vidal à Versailles. 

Les fans d’opéra russe pourront voir La Dame de Pique (à l’ONP), La Khovanchtchina, La Fiancée du Tsar et Katerina Ismaïlova à la Philharmonie de Paris et même se déplacer à l’Opéra de Massy pour Eugène Onéguine et la production de La Dame de Pique du Théâtre Hélikon de Moscou.

Les « modernes » et « contemporain.e.s » n’oublieront ni Lessons in Love and Violence (au Théâtre du Châtelet), ni Le soulier de satin (à l’ONP), ni l’hommage à Herman Melville par Olga Neuwirth, la quatrième partie du cycle Licht de Stockhausen et Penthesilea de Pascal Dusapin (à la Philharmonie de Paris), ni Les 7 péchés capitaux de Bertolt Brecht et Kurt Weill voire le « ciné-opéra » La Belle et la bête (Jean Cocteau, Philip Glass) à l’Athénée. Dans le même théâtre, on pourra même découvrir les aventures de la coquine Duchesse d’Argyll (forte de ses 88 amants) et la partition de Thomas Adès de Powder Her Face. À Massy, on pourra voir Le Premier Cercle (scènes de la Charachka), un opéra inspiré du livre homonyme de Soljenitsyne ainsi que Arianna de Milan Otal et Vincent Trollet, construit autour du Lamento d’Arianna de Monteverdi et défini comme une « enquête sensible et vertigineuse ». Ils retrouveront, en outre, quelques classiques comme La Voix Humaine de Poulenc (au TCE) et Wozzeck, Le Tour d’écrou et Oedipus Rex à la Philharmonie de Paris. Le récital de Sabine Devieilhe au TCE sera consacré à Debussy, Poulenc, Fauré et Ravel.

Les belcantistes pourront voir une version pour jeune public de L’Élixir d’amour au TCE, assister aux errances de La Somnambule et savourer Les Puritains (au TCE). Rossini, Donizetti, Bellini (accompagnés d’autres compositeurs) seront célébrés par Rachel Willis-Sorensen, Karine Deshayes et Erwin Schrott, Michael Spyres et Lawrence Brownlee, Olga Peretyatko et Karine Deshayes au Théâtre des Champs-Élysées.

Richard Strauss sera représenté par Capriccio (à l’ONP), Salomé (au TCE) et Elektra (à la Philharmonie de Paris).
Quant au divin Mozart, ce sera par La Flûte enchantée (à l’ONP), La Messe du Couronnement, Le Requiem, Cosi fan Tutte (au TCE) et Mitridate (à la Philharmonie de Paris). Il sera fêté lors du récital d’Elsa Dreisig au TCE. L’Opéra Royal de Versailles proposera, lui, deux séries de la trilogie de Da Ponte enchainée en trois soirées successives.

Pour la comédie musicale française, on pourra se tourner vers l’Athénée (Normandie et Le diable à Paris).

Pour les mélanges discordants, c’est également à l’Athénée que l’on pourra voir un combiné Jacques Offenbach / Arnold Schönberg dans Quand le diable frappe à la porte et une Salomé « d’après Oscar Wilde, Richard Strauss, Loïe Fuller »…

Côté chefs, la fine fleur de la baguette italienne (ou assimilée) sera représentée par Riccardo Frizza (La Somnambule au TCE), Michele Mariotti (Aïda à l’ONP), Lorenzo Viotti (en fait, franco-suisse, dans Faust à l’ONP), Giacomo Sagripanti (Tosca à l’ONP et Les Puritains au TCE), Nicola Luisotti (Le Trouvère à l’ONP) et Daniele Rustioni (Werther au TCE).

Et naturellement, presque tous les grand.e.s seront présents : Philippe Jordan dirigera peut-être avant son départ Le Ring à l’ONP… Seront également présents Daniel Barenboim (La Dame de Pique à l’ONP), Oksana Lyniv (La Dame de Pique à l’ONP), Marc Minkowski (Le Messie au TCE), Jérémie Rohrer (La Voix Humaine et Point d’Orgue au TCE), Emmanuelle Haïm (Les saisons et Le Stabat Mater de Pergolèse au TCE), Jean-Christophe Spinosi (L’Olympiade au TCE), Christian Thielemann (Capriccio au TCE), Simon Rattle (Wozzeck à la PP), Valery Gergiev (La Khovanchtchina et Oedipus Rex à la Philharmonie de Paris), Christophe Rousset (Armida à la PP), Teodor Currentzis (Rameau à la PP), Esa-Pekka Salonen (Elektra à la PP), Tugan Sokhiev (La Fiancée du Tsar et Katerina Ismaïlova à la PP), François-Xavier Roth (Roméo et Juliette de Berlioz à la PP), Raphaël Pichon (Hippolyte et Aricie à l’Opéra Comique), René Jacobs (Le Freischütz à la PP) et Yannick Nézet-Séguin (Extraits de Berlioz à la PP).

Les abonnements sont ouverts pour l’Opéra de Paris, le Théâtre du Châtelet, le Théâtre des Champs-Élysées et la Philharmonie de Paris, L’Opéra Royal de Versailles et l’Instant Lyrique.

Quant à la saison 2020 de l’Opéra Comique, elle redémarrera avec le Bourgeois Gentilhomme en septembre.

On n’hésitera pas non plus à aller découvrir, sur leur site, les saisons du Théâtre de l’Athénée et de l’Opéra de Massy.

© Olivier Ezratty (Théâtre du Châtelet)

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