Opéra

Les saisons lyriques parisiennes passées à la loupe

Les saisons lyriques parisiennes passées à la loupe

30 mars 2020 | PAR Paul Fourier

Toutes les grandes institutions parisiennes ont annoncé leur saison 2020 – 2021. Cette période de confinement vous permet de faire vos choix en toute tranquillité et de projeter de rattraper le temps, une fois que l’épidémie sera derrière nous. Toutelaculture vous y aide en fonction vos goûts :

Les amoureux.euses d’opérettes et d’opéras français du XIXe siècle pourront voir ou revoir Carmen (dans deux distributions) et Faust à l’Opéra national de Paris, Werther dans sa version pour baryton, La Fille de Madame Angot et La Belle Hélène au Théâtre des Champs-Élysées (TCE). Patrizia Ciofi et Cyrille Dubois rendront hommage à Bizet, Sabine Devieilhe à Ravel, puis avec Lorenzo Viotti, à Poulenc et Ravel à la Philharmonie de Paris (PP). On retrouvera encore Berlioz avec Roméo et Juliette, d’une part, et une soirée en compagnie de Yannick Nézet-Séguin et Joyce DiDonato, d’autre part (à la Philharmonie de Paris). Et l’on n’oubliera pas également que l’Opéra Comique propose aussi, cet automne, Carmen et la reprise du Fantasio de Thomas Jolly.

Les amateurs de mise en scène modernes, voire « regie » pourront faire une cure de Calixto Bieito à l’ONP (Carmen et Le Ring) ou au théâtre du Châtelet (La Passion selon Saint-Jean) et de Dmitri Tcherniakov (La Fille de neige et La Dame de Pique à l’ONP). Ils pourront aussi retrouver la décapante Iphigénie en Tauride de Krzysztof Warlikowski (ONP) ou voir sa future Salomé (au TCE) ainsi que l’influenceuse Traviata de Simon Stone (ONP). Ils savoureront La Voix humaine d’Olivier Py et Le Messie de Robert Wilson (tous deux au TCE) ainsi que Lessons in Love and Violence de George Benjamin mis en scène par Katie Mitchell au Théâtre du Châtelet.

Les amoureux.euses du travail bien fait se rappelleront de L’Élixir d’amour de Laurent Pelly et du Capriccio de Robert Carsen (à l’ONP). Ils iront aussi voir Le Rossignol et autres fables de Stravinsky mis en scène par Robert Lepage au théâtre du Châtelet.

Les folles (et fous) de divos, et de ceux qui n’ont pas encore atteint ce stade suprême, ne rateront ni Vittorio Grigolo ou Charles Castronovo dans Carmen (ONP), ni Roberto Alagna (dans Tosca), ni Jonas Kaufmann (Aïda et Walkyrie à l’ONP), ni Ludovic Tézier (Aïda et Tosca à l’ONP), ou encore Xavier Anduaga, dans Capriccio, ou accompagné de Bryn Terfel dans L’Élixir d’amour à l’ONP. Ils ne passeront pas plus à côté de Fréderic Antoun (La Traviata à l’ONP), Brian Jagde (Le Trouvère à l’ONP), Simon Keenlyside (Werther et Parsifal au TCE) et encore moins de Benjamin Bernheim et Ildar Abradzakov (Faust à l’ONP), Franco Fagioli (Oreste au TCE) et John Osborn (Carmen à l’Opéra Comique). Erwin Schrott, Philippe Jaroussky, Jonas Kaufmann, Jakub Jozef Orlinski (également dans Mitridate à la PP), Michael Spyres, Lawrence Brownlee et Benjamin Bernheim seront en récitals au TCE.

Les enamouré.e.s de divas, et autres grandes chanteuses, ne manqueront ni Elina Garanca dans Carmen et Aïda (ONP), ni Nadine Sierra dans Carmen (ONP) et La Somnambule (au TCE), ni Véronique Gens dans Iphigénie (ONP), ni Asmik Grigorian (dans La Dame de Pique à l’ONP), ni Marie-Nicole Lemieux dans La Fille de neige (à l’ONP) et Roméo et Juliette de Berlioz à la PP. Il en sera de même avec Jessica Pratt (Les Puritains au TCE), Marina Rebeka et Daniela Barcelona (Le Trouvère à l’ONP), Diana Damrau et Ekaterina Gubanova (Capriccio à l’ONP), Sondra Radvanovsky (Aïda à l’ONP), Ermonela Jaho (Faust à l’ONP), Aleksandra Kurzak (Tosca à l’ONP), Magdalena Kozena (Le Combat de Tancrède au TCE) et Michèle Losier (La Belle Hélène au TCE). Irène Theorin et Lise Davidsen seront dans Elektra à la Philharmonie de Paris.
Sumi Jo, Lisette Oropesa, Patrizia Ciofi, Sonya Yoncheva, Karine Deshayes, Olga Peretyatko, Pretty Yende et Elsa Dreisig (également dans Mitridate à la PP) seront en récitals au Théâtre des Champs-Élysées, tandis qu’Anna Netrebko, Cecilia Bartoli, Diana Damrau, Joyce DiDonato, Renée Fleming et Kristine Opolais seront elles à la Philharmonie de Paris. Quant à Barbara Hannigan, elle cumulera les fonctions de chef et de soprano lors d’un concert dans le même lieu.

Celles et ceux qui soutiennent nos fleurons du chant français (et francophone) viendront voir Julie Fuchs (L’Élixir d’amour à l’ONP et Mitridate à la PP), Patricia Petibon (Salomé au TCE), Florian Sempey et Stanislas de Barbeyrac (Iphigénie en Tauride et Jenufa à l’ONP), Cyrille Dubois, Sabine Devieilhe et (encore) Julie Fuchs, Florian Sempey et Stanislas de Barbeyrac (La flûte enchantée l’ONP). Cyrille Dubois sera dans La Belle Hélène au TCE, Eve-Maud Hubeaux, Vannina Santoni et Yann Beuron dans Le Soulier de satin à l’ONP et Jean-Sébastien Bou  se partagera entre Le Soulier de satin à l’ONP, Werther au TCE et Fantasio à l’Opéra Comique. Stéphanie d’Oustrac sera Charlotte dans Werther au TCE et Anne-Catherine Gillet, Véronique Gens, Mathias Vidal et Yann Beuron éclaireront La Fille de Madame Angot au TCE. Aude Extremo et Julien Behr seront dans Le Requiem de Mozart à la Philharmonie de Paris alors que Vannina Santoni y sera dans Armida. Enfin, Stéphane Degout sera dans Hippolyte et Aricie (Opéra Comique) et dans La Passion selon Saint-Mathieu (encore à la PP). On se souviendra aussi qu’à l’Opéra Comique, Gaëlle Arquez et Nathalie Manfrino sont dans Carmen, Elsa Benoit, Sylvie Brunet-Grupposo et Lea Desandre également dans Hippolyte et Aricie tandis que Marianne Crebassa, Jodie Devos et Franck Leguérinel chanteront Fantasio.

Les amateurs de Wagner rattraperont le train du Ring (avec, espérons-le, l’Or du Rhin qui vient d’être annulé) à l’ONP et profiteront de Parsifal (au TCE). Les plus curieux iront découvrir La Walkyrie en version de concert à l’Opéra Royal de Versailles. Ils ne gouteront en revanche que son premier acte à la Philharmonie avec Yannick Nezet-Séguin.

Les verdien.ne.s auront le choix entre Traviata et Le Trouvère à l’ONP.

Les puccinien.ne.s ne se concentreront que sur Tosca à l’ONP.

Comme chaque année, les baroqueux.euses regarderont du côté du théâtre des Champs-Élysées (Le Messie, Le Ballet Royal de la Nuit, Oreste, Le Combat de Tancrède, L’Olympiade, les Passion(s) selon Saint-Mathieu et Saint-Jean, Didon de Desmarest, Tamerlano, etc.), voire vers la Philharmonie de Paris (La Passion selon Saint-Mathieu, Teuzzone de Vivaldi) et l’Opéra Comique (Hippolyte et Aricie). En poussant jusqu’à l’Opéra Royal de Versailles, ils pourront aussi voir en version scénique Orfeo et L’incoronazione di Popea, ainsi que The Beggars’ Opera, Don Quichotte chez la duchesse, Orphée et Eurydice de Gluck, George Dandin de Lully (mis en scène par Michel Fau), Alcina, ainsi que la rare Finta Pazza de Sacrati.

Les récitals de Philippe Jaroussky, Jakub Jozef Orlinski (aussi à Versailles), Lisette Oropesa, Jodie Devos, Patrizia Ciofi et Sonya Yoncheva au TCE joueront dans la même catégorie ; il en sera de même pour ceux de Lea Desandre (au TCE ainsi qu’à la Philharmonie de Paris). On pourra aussi entendre Franco Fagioli et Mathias Vidal à Versailles. 

Les fans d’opéra russe pourront voir (ou revoir) La Fille de neige et La Dame de Pique (à l’ONP), La Khovanchtchina, La Fiancée du Tsar et Katerina Ismaïlova à la Philharmonie de Paris.

Les « modernes » et « contemporain.e.s » n’oublieront ni Lessons in Love and Violence (au Théâtre du Châtelet), ni Les 7 morts de Maria Callas et Le soulier de satin (à l’ONP), ni l’hommage à Herman Melville par Olga Neuwirth, la quatrième partie du cycle Licht de Stockhausen et Penthesilea de Pascal Dusapin (à la Philharmonie de Paris). Ils retrouveront quelques classiques comme La Voix Humaine de Poulenc (au TCE) et Wozzeck, Le Tour d’écrou et Oedipus Rex à la Philharmonie de Paris. Le récital de Sabine Devieilhe au TCE sera consacré à Debussy, Poulenc, Fauré et Ravel.

Les belcantistes pourront revoir L’Élixir d’amour à l’ONP ou une version pour jeune public au TCE, regarder errer La Somnambule et savourer Les Puritains (au TCE). Rossini, Donizetti, Bellini (accompagnés d’autres compositeurs ) seront célébrés par Rachel Willis-Sorensen, Karine Deshayes et Erwin Schrott, Michael Spyres et Lawrence Brownlee, Olga Peretyatko et Karine Deshayes au Théâtre des Champs-Élysées.

Richard Strauss sera représenté par Capriccio (à l’ONP), Salomé (au TCE) et Elektra (à la Philharmonie de Paris).
Quant au divin Mozart, ce sera par La flûte enchantée (à l’ONP), La Messe du Couronnement, Le Requiem, Cosi fan Tutte (au TCE) et Mitridate (à la Philharmonie de Paris). Il sera fêté lors du récital d’Elsa Dreisig au TCE. L’Opéra Royal de Versailles proposera lui deux séries de la trilogie de Da Ponte enchainée en trois soirées successives.

Côté chefs, la fine fleur de la baguette italienne (ou assimilée) sera représentée par Riccardo Frizza (L’Élixir d’amour à l’ONP et La Somnambule au TCE), Michele Mariotti (Aïda à l’ONP), Lorenzo Viotti (en fait il est franco-suisse, dans Faust à l’ONP), Giacomo Sagripanti (Tosca à l’ONP et Les Puritains au TCE), Nicola Luisotti (Le Trouvère à l’ONP) et Daniele Rustioni (Werther au TCE).

Et naturellement, presque tous les grand.e.s seront présents : Philippe Jordan (Le Ring à l’ONP), Daniel Barenboim (La Dame de Pique à l’ONP), Thomas Hengelbrock (Iphigénie en Tauride à l’ONP), Oksana Lyniv (La Dame de Pique à l’ONP), Marc Minkowski (Le Messie au TCE), Jérémie Rohrer (La Voix Humaine et Point d’Orgue au TCE), Emmanuelle Haïm (Les saisons et Le Stabat Mater de Pergolèse au TCE), Jean-Christophe Spinosi (L’Olympiade au TCE), Christian Thielemann (Capriccio au TCE), Simon Rattle (Wozzeck à la PP), Valery Gergiev (La Khovanchtchina et Oedipus Rex à la Philharmonie de Paris), Christophe Rousset (Armida à la PP), Teodor Currentzis (Rameau à la PP), Esa-Pekka Salonen (Elektra à la PP), Tugan Sokhiev (La Fiancée du Tsar et Katerina Ismaïlova à la PP), François-Xavier Roth (Roméo et Juliette de Berlioz à la PP), Raphaël Pichon (Hippolyte et Aricie à l’Opéra Comique), René Jacobs (Le Freischütz à la PP) et Yannick Nézet-Séguin (Extraits de Berlioz à la PP).

Les abonnements sont ouverts pour l’Opéra de Paris, le Théâtre du Châtelet, le Théâtre des Champs-Élysées et la Philharmonie de Paris.

L’Opéra Royal de Versailles a annoncé sa saison et les réservations sont pour la fin avril.

Quant à la saison 2020 de l’Opéra Comique, elle n’attend que la fin de l’épidémie pour pouvoir redémarrer.

© Olivier Ezratty (Théâtre du Châtelet)

L’interview confinée de Nasser Djemaï : « Je n’arrive pas bien à réaliser ce qui se passe »
Interview confinée de Marielle : « Je suis assez certaine que tout ce qui nous arrive a une raison, une pertinence ! »
Paul Fourier

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *