Opéra

« La Fanciulla del West » de Puccini à Munich : Western spaghetti

« La Fanciulla del West » de Puccini à Munich : Western spaghetti

19 mars 2019 | PAR Julien Coquet

Un des ouvrages les moins connus de Puccini trouve un bel écrin au Bayerische Staatsoper : mise en scène, direction musicale et voix au diapason conduisent à une excellente performance. 

Plus aucune maison d’opéra ne programme La Fanciulla del West de Puccini puisque l’ouvrage n’égale ni Tosca, ni La Bohème, ni Turandot… Pourtant, la création mondiale à New York avait été un triomphe, réunissant les plus grands de l’époque : Arturo Toscanini, Caruso, Emmy Destinn et Pasquale Amato… Cet ouvrage, inspiré de The Girl of the Golden West de David Belasco, puisait sa source dans les grands espaces américains, la ruée vers l’Ouest, la fièvre de l’or, la liberté et l’orchestre, chatoyant, rappelle parfois le meilleur de la musique hollywoodienne.

D’une histoire très ancrée et aux références parfaitement assumées et difficilement transposables, le metteur en scène Andreas Dresen livre un spectacle clair. Sans révolutionner pour autant la mise en scène d’opéra (Dresen est un réalisateur de films), sa Fanciulla del West est parfaitement lisible et propose tout de même de belles images grâce à une direction d’acteurs au cordeau. L’acte II, à ce titre, est sûrement le plus fort : au milieu de la scène se trouve la petite maison de Minnie, peu éclairée, où l’héroïne et Dick Johnson vont apprendra à s’aimer tandis que la tempête de neige au-dehors exacerbe ce sentiment de promiscuité. 

Anja Kampe, encore et toujours, restera l’attraction principale de beaucoup de productions que l’on peut voir. Sa seule présence justifie le déplacement. En plus d’être une excellente actrice, Anja Kampe, utilise toutes ses qualités de grande wagnérienne pour le rôle de Minnie. Tout semble facile pour cette voix puissante et l’entrée fracassante à l’acte III pour sauver son amant donne des frissons. Brandon Jovanovich, tout juste remis de son Enée à l’Opéra national de Paris, endosse brillamment le rôle Dick Johnson, ce bandit au grand cœur. En amant éconduit, John Lundgren est un parfait Jack Rance : ce shérif, amoureux de Minnie mais rejeté, possède dans sa voix autorité et méchanceté grâce à une belle liaison.

Enfin, James Gaffigan tire le meilleur de l’orchestre de l’Opéra de Munich : lyrisme orchestral, nuances exacerbées qui renforcent le côté hollywoodien de l’entreprise, puissance et douceur lors du duo d’amour de l’acte II… Gaffigan crée une véritable tension à la fin de l’acte II lors de la partie de poker entre Minnie et Jack Rance : s’effaçant au début de la scène, l’orchestre revient en trombe avec des percussions terrifiantes. Gaffigan est un véritable orfèvre et prouve que La Fanciulla del West possède de très belles pages orchestrales.

A noter : La Fanciulla del West sera retransmis en direct et disponible pendant 24h sur le site du Bayerische Staatsoper le samedi 30 mars à partir de 19h

La Fanciulla del West de Puccini le samedi 16 mars 2019 à 18h au Bayerische Staatsoper (Allemagne). Direction musicale de James Gaffigan et mise en scène d’Andreas Dresen.

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Julien Coquet

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