Opéra

Christophe Fiat flashe sur Cosima, l’indestructible Madame Richard Wagner

Christophe Fiat flashe sur Cosima, l’indestructible Madame Richard Wagner

20 juillet 2011 | PAR Christophe Candoni

Le festival d’Avignon accueille « L’indestructible Madame Richard Wagner » de Christophe Fiat. La pièce a déjà été jouée au théâtre de Gennevilliers cette saison, lieu où l’auteur et metteur en scène est associé depuis 2009. Elle se donne à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon qui propose aussi, vendredi 22, un film inédit du dernier opéra de Wagner, « Parsifal », à partir de la mise en scène réalisée par Romeo Castellucci au Théâtre de la Monnaie à Bruxelles en janvier dernier.

Cette Madame Wagner, c’est Cosima Liszt (fille du célèbre pianiste et de la comtesse Marie d’Agoult, romancière sous le pseudonyme Daniel Stern). Mariée au chef d’orchestre Hans Von Bülow, elle divorcera pour devenir, à partir de 1870, la seconde épouse de Richard Wagner dont elle était déjà la maîtresse. Ils ont eu trois enfants, Isolde, Eva, et Siegfried, trois prénoms inspirés par les héros incontournables de l’œuvre lyrique du compositeur allemand. Quand Richard Wagner meurt en 1883, elle décide de prendre la direction du festival de Bayreuth, fondé par lui-même dans le but de révolutionner le mode de représentation des opéras et monter l’intégralité de Ring. Elle entend y honorer et préserver l’œuvre et la mémoire de son génie de mari. Elle est une femme de tête et de conquête, une femme dans un monde tenu par les hommes, demeure le premier maillon d’une longue histoire familiale passionnante avec ses zones d’ombres. Siegfried, le fils de Wagner est marié à l’anglaise Winifred, liée d’amitié à Hitler, qui reçoit les troupes nazis au festival, puis Wieland et Wolfgang chargés à la reconstruction d’un nouveau Bayreuth… Tout cela est contenu dans la pièce qui ne se présente pas comme un théâtre documentaire tout en étant riche d’éléments biographiques et historiques.

Après, il aurait fallu plus d’invention et de souffle pour raconter et mettre en scène moins pauvrement le destin exceptionnel de Cosima. Christophe Fiat confie à cinq comédiens, quatre filles et un garçon, les rôles de « récitants », préférant la voix narrative au dialogue, sans doute pour montrer la dimension quasi romanesque de la vie de cette femme et de sa descendance, mais c’est bien peu. Son texte n’est pas particulièrement stimulant ni inspiré et la mise en scène l’est encore moins. La représentation s’enlise dans une forme inepte, bien trop rigide et lassante, une sorte d’oratorio qui contraint ses comédiens à rester plantés derrières des pieds de micros. La vacuité d’un tel dispositif, la monotonie des interprètes, leurs mines éteintes, leur manque d’expression et de corps – on se demande qui les a forcer à venir jouer – tout déçoit et agace. Christophe Fiat se trouve largement en-deçà de l’ambition de son merveilleux sujet.

 

© Didier COMELLEC

 

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Christophe Candoni
Christophe est né le 10 mai 1986. Lors de ses études de lettres modernes pendant cinq ans à l’Université d’Amiens, il a validé deux mémoires sur le théâtre de Bernard-Marie Koltès et de Paul Claudel. Actuellement, Christophe Candoni s'apprête à présenter un nouveau master dans les études théâtrales à la Sorbonne Nouvelle (Paris III).Spectateur enthousiaste, curieux et critique, il s’intéresse particulièrement à la mise en scène contemporaine européenne (Warlikowski, Ostermeier…), au théâtre classique et contemporain, au jeu de l’acteur. Il a fait de la musique (pratique le violon) et du théâtre amateur. Ses goûts le portent vers la littérature, l’opéra, et l’Italie.

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