
Aux Francophonies 2020, « Dit par Dib » met en scène les contes de Mohamed Dib dans un spectacle de marionnettes qui laisse mitigé
Ce dimanche 28 septembre marquait la dernière de Dit par Dib, programmé dans le cadre des Zébrures d’automnes, épisode automnal du festival Les Francophonies. Composé d’une série de contes adaptés par la Compagnie Illusia pour fêter les 100 ans de la naissance du célèbre écrivain algérien Mohammed Dib (1920-2003). C’était L’enfant jazz qui avait été mis à l’honneur ce jour là dans un spectacle de marionnettes qui laisse mitigé.
L’enfant jazz est une petite marionnette dont les pieds sont aimantés pour lui permettre de s’accrocher aux accessoires narratifs en métal (lit, chaise, échelle). L’univers sonore est assez poétique grâce à aux sons de cloches et les passages de piano qui accompagnent le texte. Même pendant les passages évoquant le terrorisme, qui bien sûr, utilisent des bruitages plus forts et plus violents, ils accompagnent le conte sans l’alourdir. Le décor aussi a quelque chose d’assez poétique : les reflets de l’eau projetés sur scène apportent une certaine douceur au décor, marqué par les accessoires en métal qui sont très fins. Seuls de nombreux ventilateurs placés sur scène interrogent sur leur présence car ne sont jamais sollicités. De son côté, l’écran servant de fenêtres aux décor aurait pu être davantage sollicité, car il projette de beaux jeux d’ombres chinoises.
Le point négatif de la pièce est que la conteuse, Marja Nykanen, est très présente sur scène. Dans un spectacle qui utilise un dispositif aussi fin que celui des marionnettes, la présence trop forte du conteur peut avoir tendance à alourdir le conte. Articulant elle-même la marionnette tout au long du spectacle, sans vraiment de travail technique de marionnettiste, Dit par Dib évoque parfois plus un parent racontant une histoire à un enfant, qu’un spectacle vivant.
Cependant, pour la dernière du spectacle, c’était Mohamed Kacimi qui présentait l’œuvre de Mohammed Dib, en commentant également les nombreuses photographies noir et blanc prises en 1946 en Algérie par Dib, qui étaient exposées dans l’espace précédent la salle de spectacle. D’autres introductions avaient été réalisées pour chaque présentation, comprenant des lectures d’autres contes, comme celui du Conte du chat qui boude. Ces introductions étaient très bien pensés, car elles permettaient à tous de mieux comprendre l’œuvre de l’auteur. Comme l’a rappelé Marja Nykanen, les photographies prises par Dib en 1946 montrent des enfants qui doivent avoir vécu trois guerres, ce qui situe mieux les contes pour enfant de l’écrivain.
Visuel : L’AÎTRE AUX POÈTES 2016 © Serge Périchon 892
Représentations
Jeudi 24 septembre, 10h et 14h30, Théâtre Expression 7, Limoges,
Dimanche 27 septembre, 16h
Avec une exposition de photographies de Mohammed Dib prises en 1946 en Algérie, noir&blanc
Conté par Marja Nykanen, accompagnée sur scène par Herbert Elsky pour le son.
Publication originale
L’enfant Jazz, publication originale en 1998, recueil de poésie en trois parties « Ici », « Ailleurs » et « La Guerre».