Danse
Yës, la danse orchestre de Fouad Boussouf impose son rythme

Yës, la danse orchestre de Fouad Boussouf impose son rythme

28 janvier 2021 | PAR Amelie Blaustein Niddam

C’est au Centre Culturel André Malraux du Kremlin-Bicêtre que ce chorégraphe très singulier a présenté son pas de deux masculin : Yës. Et vous savez quoi ? On dit oui !

Besoin de souffler

Combien de temps encore chers lecteurs, pour ceux qui parmi vous sont « juste » spectateurs, quantité négligeable selon le gouvernement. Oui, combien de temps allez-vous lire nos papiers pour archive, pour trace, pour mémoire de ce qui aurait pu être?

Nous allons essayer une fois encore de vous transmettre ce que nous avons vu de beau et de frappant dans cette pièce tout public très puissante et tout en corps. Ils sont comme souvent chez Fouad Boussouf des garçons tout muscles dehors. Ils sont amis à la vie à la mort ces deux là : Yanice Djae et le très chevelu Sébastien Vague. Mais quand cette histoire commence, ils ne sont plus très potes. Sébastien cherche Yanice, il lui siffle et souffle dessus dans un pied de nez assez génial à la Covid. L’autre n’en veut pas et le jette. Sébastien se met en mouvement et se dégonfle comme un ballon de baudruche dont le parcours vient de l’aléatoire. Ils se battent comme des enfants ou comme dans les mangas.

Danse contact versus Hip hop

Quand la base de la danse contemporaine des années 80 croise le hip hop, cela donne des mains à plat  qui frappent sur des torses, une tête qui s’enchâsse dans la nuque de l’autre. Cela donne de la force au service du beau. Équilibre sur une main, portés assis, il en faut de la technique pour ça, et pourtant ça semble léger, ça devient clownesque. L’écriture de Fouad Boussouf cherche toujours des ancrages puissants au sol. Il est le seul à assumer de faire danser les mecs comme il le fait, de façon à la fois tribale et contemporaine, sans caricature, jamais.

Se suffire à soi-même

C’est un spectacle tout court, 30 minutes à un rythme intense. Ici, la bande son vient de leurs corps et de leurs bouches. On sait Boussouf très attaché aux racines de chacun, il le montrait avec une dose folle d’élégance dans Oum. Dans Yës, il croise les influences de la même façon que la danse devient juste la sienne. Le jazz de la Panthère rose fait rire, l’air comorien nous glisse un frisson. Nous les avons rencontrés hostiles l’un à l’autre, désormais leurs deux corps ne font qu’un. Un corps sans faille et qui n’a peur de rien. À deux, c’est mieux, c’est ça ?

Alors nous rêvons que Yës puisse tourner comme il se doit. Cette pépite est pensée pour se danser partout : en baskets sur du gravier à la lumière du jour ou bien comme c’est le cas encore demain à 11h et à 15h sur un beau plateau de danse.

 

Représentations professionnelles et sur réservation ([email protected]), le 29 janvier à 11h et 15h à l’Espace Culturel André Malraux au Kremlin Bicêtre.

Visuel : ©Laurent Hou

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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