Danse

<em>Poetry</em> de Maud le Pladec, à Beaubourg

Poetry de Maud le Pladec, à Beaubourg

29 mars 2013 | PAR Géraldine Bretault

Maud Le Pladec poursuit son exploration chorégraphique à partir de la musique de Faust Romitelli, jeune compositeur italien. Après Professor, qui nous avait réjouis en septembre dernier nous découvrons aujourd’hui Poetry.

Formée à Montpellier sous la direction de Mathilde Monnier, Maud Le Pladec fait montre d’une grande rigueur et de beaucoup de précision dans son approche des choses. Son rapport à la musique est à la fois très fort et respectueux, au point de préférer le terme de traduction à celui d’interprétation, pour décrire la chorégraphie que lui a inspirée la partition Trash TV Trance. La notion de littéralité est capitale pour elle, au sens où chaque geste doit correspondre à la musique « au son près », afin de « donner à voir tout ce que contient cette musique ».

La voici donc sur scène, en robe vintage, aux côtés de Julien Gallée Ferrée, son danseur fétiche, en pantalon de toile beige et polo turquoise. Au centre de la scène, Tom Pauwels, en cravate, est assis devant un pédalier et des enceintes, tenant sa guitare électrique devant un porte-partitions. Dès le surgissement du premier son, le registre rythmique et sonore est posé d’emblée – la pièce porte bien son nom, la musique de Romitelli n’est pas faite pour flatter l’oreille. Les premiers mouvements esquissés par les deux danseurs, qui semblent s’ignorer, traduisent bien toute la décharge électrique que libèrent les riffs. Les variations chromatiques du carré de scène viennent apporter une coloration différente en fonction des mouvements musicaux, depuis un bleu pâle éthéré à un rouge vibrant.

Si le pouvoir  d’abstraction de la pièce est intense, nous emportant ailleurs, dans un lâcher-prise parfois ludique (lorsque Maud et Julien s’adonnent à l’air guitar), l’ensemble s’avère assez répétitif, voire ennuyeux. Certes, la transe est bien « trash », et certainement pas hypnotique, mais l’écriture chorégrpahique peine à prendre de l’ampleur. Les mouvements saccadés, qui évoquent aussi parfois le caractère compulsif des TOC, s’accordent en effet avec la musique,  mais cette littéralité comme postulat de départ semble finalement entraver la créativité de la chorégraphe, qu’on a connue tellement plus inspirée. D’autant qu’elle a en Julien Gallée Ferrée un danseur de talent, malheusement sous-employé ici.

 

 

Crédits photographiques : Poetry, Maud Le Pladec © Caroline Ablain

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Géraldine Bretault
Diplômée de l'École du Louvre en histoire de l'art et en muséologie, Géraldine Bretault est conférencière, traductrice et rédactrice dans le secteur culturel, collaboratrice régulière de l'ICOM, des Rencontres d'Arles, de la revue de design Etapes. Membre de l'Association des traducteurs littéraires de France et du Syndicat de la critique de théâtre, musique et danse, elle a rejoint l'aventure de Toute La Culture en 2011, autour des rubriques Danse, Expos et Littérature. Elle a par ailleurs séjourné à Milan (2000) et à New York (2001, 2009-2011), où elle officiait en tant que Docent au Museum of Arts and Design et au New Museum of Contemporary Art.

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