Danse
Pierre Droulers danse l’air et le vent

Pierre Droulers danse l’air et le vent

24 mai 2011 | PAR Alienor de Foucaud

Co-directeur artistique de Charleroi/Danses depuis 2005, centre chorégraphique de la communauté française, Pierre Droulers reprend aujourd’hui une pièce créée en 1996, De l’air et du vent. Une étape importante dans le parcours du chorégraphe, lui permettant de se confronter à nouveau à la danse pure et au simple plaisir de voir des corps danser.

Quelles formes peuvent prendre les émotions de l’air et du vent ? C’est ce à quoi tendent de répondre les cinq danseurs de Pierre Droulers, parvenant à saisir l’insaisissable et à rendre visible l’invisible. Des corps dans le vent, dans la tempête. Des corps qui doivent résister, se tordre, se blesser, avant de retrouver l’accalmie. En travaillant sur la sensation, le chorégraphe modèle des corps habités par le mouvement et l’émotion, pouvant jubiler et s’épanouir.

En partie écrite, la pièce se construit sur quelques séquences de gestes. Les temporalités et les vitesses sont activées par les danseurs. Ils obéissent à une rythmique intime. La gestuelle oscille ainsi entre improvisation, interprétation et création. Pierre Droulers est un plasticien du corps, il sculpte, contorsionne et frictionne. Quelques matériaux participent a cette gestuelle. Mais seuls les bruissements d’un sac en plastique ou de feuilles volantes se font entendre. Une relation intime se construit entre le danseur et le mouvement de son corps. L’air est gonflé, suspendu, soufflé.

Des leitmotivs scandent la pièce, faisant alterner courses effrénées et lentes décompositions. La performance que nous offrent ces danseurs est d’une physicabilité jubilatoire mais manque parfois d’élan et de souffle. La pièce se construit sur des partitions de mouvements et manque parfois d’unité et d’homogénéité. Les danseurs construisent une relation si intime avec leurs corps et leurs mouvements qu’ils empêchent tout « ensemble » de se former.

Pierre Droulers propose de revivre une création d’une grande sensibilité, se focalisant sur le mouvement à l’état pur. Les thématiques de l’air et du vent sont portées par des danseurs d’une grande dextérité mais s’accordant dans une trop grande hétérogénéité.

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Alienor de Foucaud

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