Danse
Mon élue noir, le Sacre lointain d’Olivier Dubois

Mon élue noir, le Sacre lointain d’Olivier Dubois

08 avril 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Germaine Acogny a 71 ans, elle est actuellement et depuis 2004 la directrice de l’école des sables, le Centre International de Danse Traditionnelles et Contemporaines d’Afrique au Sénégal.Elle est celle qui a signé une forme de danse africaine contemporaine. Elle est dans le milieu de la danse ce que l’on appelle un monument, une prêtresse qui fume la pipe. Et c’est elle qu’Olivier Dubois a choisi pour incarner un Sacre du Printemps militant mais qui nous tient trop à distance.

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Faire son Sacre est un passage obligatoire pour un chorégraphe. En 1913 Vaslav Nijinski fait scandale par la radicalité de cette oeuvre présentée seulement cinq fois à Paris et trois à Londres. Pas de vidéo, pas de partition chorégraphique. Et pourtant, il existe plus de deux cents versions chorégraphiques du Sacre, dont la restitution de Dominique Brun. Pour penser et interroger ce monument vu à la fois comme la genèse de la danse contemporaine et l’allégorie du renouvellement des âmes le directeur du Ballet du Nord choisit de placer l’allégorie du sacrifice dans la colonisation.

Germaine Acogny sera encagée dans un espace plus haut que long.Le plateau devient alors podium et impose des disparitions et des apparitions. Ses postures et ses mouvements s’ancrent vers le sol, le haut du corps et bas, les jambes bien solides s’ouvrent dans le sol. Elle est la danse africaine, elle est ici la première femme, celle qui doit être condamnée à porter tout l’histoire de l’humanité.

Cette question là occupe Olivier Dubois et cela dès son chef d »oeuvre Tragedie, et il en fut de même pour SoulsLe Sacre, c’est bien sur le renouvellement des générations, l’histoire d’un sacrifice obligatoire pour que le cycle des saisons se fasse. Malheureusement on retrouve ici ce qui nous avait laissé de marbre dans Élégie. Dubois charge la barque en employant des filtres à répétition. La fumée se fait actrice et des jeux d’oppositions faciles entre le noir et le blanc ne convainquent pas.

Reste la présence solaire de Germaine dont le corps et les yeux parlent juste. Mais rien à faire, elle est trop loin de nous. Sa colère et son cri restent  inaccessibles.

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