Danse

Merce Cunningham

27 octobre 2009 | PAR Alienor de Foucaud

De l’enfant, Merce Cunningham avait gardé le sourire et le sérieux, la spontanéité et l’imagination et cette envie irrésistible de jouer. Son jeu préféré était la danse et ce qu’il aimait dans la danse, c’était la danse. Avec sa disparition, après celle de Pina Bausch, on peut se dire que la danse contemporaine telle qu’on l’a connue jusqu’à présent tourne une page.

Les grandes dates

Votre navigateur ne gère peut-être pas l’affichage de cette image. Mercier Philip Cunningham naît le 16 avril 1919 à Washington. Il commence par apprendre les claquettes au côté de Madame Maud Barret.

Décidé à aborder le spectacle, il entre à la Cornish School of Art de Seattle mais n’y termine pas ses études préférant s’envoler pour New-York rejoindre la compagnie de Martha Graham ; qui le mènera plus tard à la School of American Ballet.

1951 marque sa première pièce à laisser au hasard une place importante : Sixteen Dances for Soloist and Company of Three ainsi que sa rencontre avec le peintre Robert Rauschenberg avec qui il va s’associer.

En 1953, la Merce Cunningham Dance Company est constituée grâce à une bourse Guggenheim.

Sa première tournée mondiale réalisée en 1964 l’introduit sur la scène parisienne au Théâtre de l’Est Parisien, sa première programmation au Théâtre de la Ville s’effectuera en 1972.

Enfin, 1990 signe l’apogée de la carrière du chorégraphe qui est décoré de la National Medal of Arts ; il est également invité à la Biennale de Lyon consacrée à la danse USA.

Merce Cunningham s’éteint le 26 juillet 2009 à New-York.

L’homme de l’espace

On pourrait raconter l’histoire de la danse avant M.C et après M.C. Avant Cunningham, la danse, même moderne, s’inscrivait dans un cadre traditionnel : scènes à l’italienne et règles de perspective frontales, narrativité du spectacle lié à un thème ou à un livret, décors et costume « signifiants », technique corporelle chargée de véhiculer une émotion. Après Cunningham, toutes ces notions auront explosé. Il propulse la danse du côté de l’art abstrait et

la fait entrer enfin dans la modernité. Sa grande révolution est certainement sa vision de l’espace et la façon de se mouvoir du danseur en son sein. Reprenant la théorie d’Einstein (il n’y a pas de point fixe dans l’espace), il déstructure complètement la vision habituelle de la danse dans le théâtre. Du coup, il appartient à chacun de choisir ce qu’il regarde. Cunningham offre au regard le seul mouvement et bannit toute expressivité de l’interprète.

Votre navigateur ne gère peut-être pas l’affichage de cette image. Plus tard, le chorégraphe développe le concept de « spectacle portatif » avec parties amovibles qui peut s’étendre à tout lieu inadapté à la danse. Il entame des recherches sur la danse et l’image avec la vidéo ouvrant un nouvel espace et un nouvel espace pour le spectateur.

A partir des années 90, il s’empare de l’ordinateur et invente un logiciel de chorégraphie assisté par ce qu’il nomme L »ife Forms » puis « Dance Forms » travaillant ainsi sur la « motion capture », la capture du mouvement.

Merce Cunningham a donc révolutionné la danse et l’idée même de chorégraphie. Il a propulsé l’art chorégraphique dans la modernité, le remettant au niveau des autres disciplines artistiques.

Selon les mots du chorégraphe, la danse a ceci d’extraordinaire « qu’elle est une part de l’expérience de la vie de tout un chacun. » Il n’y a rien d’artificiel dans la danse, dans de nombreux pays, elle fait partie du quotidien : « c’est dans notre sang ! » s’exclame t-il…

Pina Bausch
La Mégère à peu près apprivoisée
Alienor de Foucaud

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