Théâtre

La Mégère à peu près apprivoisée

27 octobre 2009 | PAR Soline Pillet

La compagnie Los Figaros orchestre avec brio l’improbable rencontre de Shakespeare et de Broadway. La brillante adaptation d’Alexis Michalik conserve du premier l’efficace intrigue et son lot de quiproquos, et du second l’énergie jubilatoire de la comédie musicale.

megere à peu près apprivoisée, vingtième théâtre

Les numéros de danse et de chant parviennent, à l’image du spectacle, à combiner humour potache et ultra sophistication. L’histoire, largement revisitée – notre mégère finira sa lune de miel chez les sept nains – fait la part belle à l’absurde pour un résultat délirant aux multiples trouvailles. La force de la pièce tient à la virtuosité des sept fabuleux comédiens pluridisciplinaires, dont la cohésion et le plaisir contagieux sont instantanément perceptibles. Tous chanteurs et danseurs, mais également claquettistes ou musiciens, ils déroulent l’étendue de leurs talents variés au fil des rebondissements. L’extrême maîtrise du jeu leur permet de conduire la pièce à un rythme effréné sans jamais sombrer dans l’hystérie ou l’excès. Hilarant et intelligent d’un bout à l’autre, le spectacle est ponctué de véritables perles, notamment la rencontre musclée de l’héroïne avec son prétendant lors d’un spectaculaire pas de deux. Divertissement de haut-vol, « La Mégère à peu près apprivoisée » offre un plaisir trop rare : un spectacle ciselé dans le moindre détail qui ne se prend pas au sérieux.

« La Mégère à peu près apprivoisée », mise en scène : Alexis Michalik, avec : Fanny Aubin, Louis Caratini, Olivier Dote Doevi, Leilani Lemmet, Dan Menasche / Gregory Juppin (en alternance), Alexis Michalik et Régis Vallée.Vingtième théâtre, jusqu’au 3 janvier 2010, du mercredi au samedi à 21h30 et le dimanche à 17h30, 7, Rue des Plâtrières, Paris 20e, m° Ménilmontant, 24 euros (TR 12 euros).

Merce Cunningham
La flèche d’or rouvre ses portes le 23 novembre
Soline Pillet
A 18 ans, Soline part étudier la danse contemporaine au Québec puis complétera sa formation par les arts visuels à l’Université de Brighton. Au cours de son apprentissage, elle participe à des projets éclectiques en tant que danseuse. Également passionnée par l’écriture, elle rejoint les bancs de la fac en 2007 afin d’étudier la médiation culturelle à la Sorbonne Nouvelle. C’est par ce biais qu’elle s’ouvre au théâtre, au journalisme, et à toutes les formes d’art. Aujourd’hui, Soline rédige un mémoire sur la réception critique de la danse contemporaine tout en poursuivant sa passion pour la danse et l’écriture. Après avoir fait ses premiers pas de critique d’art pour le site Evene, elle rejoint l’équipe de la Boîte à Sorties en septembre 2009.

Publier un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *