Danse

La bande de mecs de Naïf Production fait corps commun aux Hivernales

La bande de mecs de Naïf Production fait corps commun aux Hivernales

07 février 2019 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Quand on connait le thème de la 41e édition du festival de danse avignonnais, on se marre. « Cultivons notre féminin »… On s’attend donc à voir des filles danser… et pourtant ce soir, sur scène, un boy’s band signé Naïf Production utilise le hip hop et les acrobaties comme matériau à la danse contemporaine. Jubilatoire !

 

Déjà, soyons ultra mais ultra chauvins. Ce collectif-là est né à Avignon et sur ce coup, on peut dire que le Centre de Développement Chorégraphique National a parfaitement fait son travail. En programmant ces garçons, et en les associant, à l’année, au CDCN, Isabelle Martin-Bridot leur donne une aura au-delà du territoire.

Bref…visiblement, nous aussi, on a, comme eux, pris le virus délicieux de ne pas vraiment commencer. Car ils en mettent du temps à installer les choses et à véritablement nous montrer Des gens qui dansent, puisque c’est le titre de la pièce.

Nacim Battou, Clotaire Fouchereau, Julien Gros, Andres Labarca et Lucien Reynè sont cinq des membres de ce collectif. Une écriture partagée,  cela veut dire par définition, particulièrement exigeante puisqu’il aura fallu, avant qu’un geste existe, qu’il soit accepté par tous. Dans le bord de plateau qui a suivi, Mathieu Desseigne-Ravel, qui est à l’initiative du projet, et qui officie chez Platel,  a expliqué qu’à une question, ils avaient « six réponses différentes ».

Cela se traduit sur scène par une folle réflexion sur le corps commun. Qu’est ce qu’être ensemble ? Qu’est ce que le lâcher-prise? Qu’est ce que la confiance ? sont autant de sujets que leur danse offre. Leurs danses devrions-nous écrire car aucun n’a la même formation que l’autre. Et pourtant, que ce soit dans leur vrilles au sols, leurs sauts, leurs tremblements, ils sont tous époustouflants à égalité. Le rythme est juste fou et tient bon sur la durée (1h15 tout de même)

Ces gars-là sont en caoutchouc et sont visiblement des bosseurs invétérés. Chez eux, il faut être assez souple (d’esprit) pour se laisser marcher dessus, pour répondre à un ordre, pour se faire jeter en l’air, pour se laisser poser par terre par le sommet de la tête…notamment. 

Il y a un côté moyens du bord ici : plateau nu, cinq chaises et une lumière simple. Pourtant, la puissance du spectacle est là.  L’un d’entre eux déclare « Chercher l’impossible » Et c’est ce qu’ils font : ils mixent : l’électroacoustique, l’opéra et le hip hop. .. et proposent la fin de spectacle la plus originale, et la plus collective, du moment ! ( On ne vous dira rien !)

Le corps est un ensemble et ça, le collectif l’a extrêmement compris, le triturant, à la Jérôme Bel dans Jérôme Bel ou le sous-pesant. Des gens qui dansent est une pièce d’une rare intelligence, absolument pas prétentieuse et à la générosité contagieuse.

A voir vendredi 8 février à 20H30, salle Benoit XII ou Vendredi 5 et Samedi 6 Avril 2019 au Centquatre 

 

Les Hivernales se déroulent depuis le 30 janvier et jusqu’au 16 février. Le programme est ici

 

visuel : ©Milan szypura-

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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