Danse

[Festival d’Automne] La non rencontre avec Trajal Harrell

[Festival d’Automne] La non rencontre avec Trajal Harrell

16 octobre 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Trajal Harrell se passionne, à la façon d’un François Chaignaud pour la culture pop. On avait adoré son Antigone tout en voguing qu’il avait présenté, déjà au Festival d’Automne, en 2013.  Il revient avec The Ghost of Montpellier Meets the Samurai, une proposition parfaite sur le papier qui déçoit terriblement au passage au plateau.

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Mais la création, ce n’est plus ce qu’était nous raconte Trajal transformé en rédactrice en chef de Vogue. On en verra pas de fantômes, ou alors pas tout de suite. En lieu et place, ce sera « Caen amour ». Sur le plateau il y a une zone de pique-nique foutraque et des mini podiums. Une danseuse vient nous raconter une drôle de rencontre, un soir dans un bar entre les chorégraphes mythiques Dominique Bagouet et Tatsumi Hijikata. Le premier est mort du Sida en 1992. Il fut le directeur du premier centre chorégraphique de France, à Montpellier. Le second mort en 1986, fut le maître du Butô. La rencontre est fictive et créer un spectacle sur cette idée est un témoin de l’obsession que la danse contemporaine a envers sa mémoire. Rappelons que la très récente dernière entrée au répertoire est une histoire de la danse au vingtième Siècle, par Boris Charmatz.

L’idée est donc que les deux monstres qui ont chacun créé des mouvements clés pour l’histoire de la danse inventent sur place, dans le bar, un spectacle au titre improbable : You can lead an horse to wather but you can’t force him to drink   ect…

Mais ensuite, rien. Rien de notable en tout cas. Nous sommes prévenus, la danse arrivera dans 22 minutes. Elle se résume à un défilé caricatural à un rythme fou. La sensation est d’être à la fin des années 90 à New York, la dance music impose ses beats, même si les sons choisis ici nous embarquent plutôt du côté de Rihanna, Beth Ditto et de Lady Gaga, au cœur des années 2010.  Le spectacle reste en surface et donne l’illusion d’une superbe soirée dans un bar gay.  Les danseurs déhanchent à souhait, ondulent comme il se doit. Les pas sont basiques, comme sur un dance floor. Sympa, mais cela ne suffit pas.

Rien ne se passe de plus. Les images qui tentent de devenir fantomatiques ne parviennent pas à nous hanter et ici, on s’ennuie à mourir devant cette proposition qui pourtant se nichait dans les préoccupations passionnantes de la danse actuelle.

Visuel © Orpheas Emirzas

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