Danse

« Chorus », le souffle au chœur de Mickaël Phelippeau clôt « L’esprit de groupe »

« Chorus », le souffle au chœur de Mickaël Phelippeau clôt « L’esprit de groupe »

29 mars 2015 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Qu’est ce que danser ? Sans cesse et depuis peu avec une énergie bouillonnante, la question est posée. Est-ce aligner un pas devant l’autre, est-ce se contraindre à un rythme, ou est-ce encore, accorder les corps ? Le génie du chorégraphe Mickaël Phelippeau en passe de devenir La référence en matière d’innovations opère une nouvelle fois avec Chorus, pièce présentée en clôture du festival L’Esprit de Groupe de la Villette.

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Esprit de groupe. Ici, c’est évident. Sur scène la parité est totale. Douze hommes et douze femmes, tous chanteurs, tous faisant parti de l’Ensemble a cappella Voix Humaines. Il vont chanter « Nicht so traurig, night so sehr » de la cantate bwv 384 de J.S. Où-est la danse demanderez-vous ? Et bien, on vous répondra qu’elle est dans l’interaction souffle/pas inhérente à tous les actes dansés depuis que les hommes dansent.

Depuis quelques années, la question de la décorrélation entre le son et le pas est obsession. Très récemment, le festival Exit présentait le travail de Jan Martens qui faisait bondir ses danseurs au bruit de leurs semelles de baskets qui claquaient le sol. L’acte est plus classique dans le contemporain. Phelippeau inverse le mécanisme. Et si la danse était un souffle ? La question se pose comme un scientifique face une expérience . Phelippeau s’intéresse aux portraits. Qu’ils soient adolescents avec Pour Ethan, âgés pour Numéro d’objet , célèbres avec Set-Up où il interrogeait la force chorégraphique d’un rock-band. A chaque fois il semble enquêter.  Qu’est ce que l’acte de chanter opère sur le corps, et à contrario, qu’est ce que la danse  opère sur la voix ?

En rat de laboratoire, le chorégraphe va au bout de son idée, la torturant jusqu’au saugrenu, nous plongeant dans des éclats de rire libérateurs. La cantate sera ici servie aux sauces pop, karaoké, expérimental, picturale, le tout sans jamais perdre d’une oreille la beauté du son. Il dissone, se rétracte, accélère. La voix ici effectue tous les gestes d’un danseur. Il fallait juste y penser. Là se trouve le génie.

Visuel : Villette

Tournée : samedi 11 avril – 20h30  L’Antarès / Vauréal, dans le cadre d’Escales danse en Val d’Oise. Réservations ici.

Le 30 mai à l’Avant Seine, Colombes. 

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Amelie Blaustein Niddam
C'est après avoir étudié le management interculturel à Sciences-Po Aix-en-Provence, et obtenu le titre de Docteur en Histoire, qu'Amélie s'est engagée au service du spectacle vivant contemporain d'abord comme chargée de diffusion puis aujourd'hui comme journaliste ( carte de presse 116715) et rédactrice en chef adjointe auprès de Toute La Culture. Son terrain de jeu est centré sur le théâtre, la danse et la performance. [email protected]

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