Danse
Camille Ollagnier : Les Garçons sauvages à Micadanses pour Faits d’hiver

Camille Ollagnier : Les Garçons sauvages à Micadanses pour Faits d’hiver

06 février 2013 | PAR Smaranda Olcese

Camille Ollagnier lâche ses Garçons sauvages, un à un, seuls sur scène. L’exercice est périlleux. Les courts formats ne pardonnent pas, ils dévoilent à la fois force et faiblesses de chaque danseur. La pièce séduit par la franchise avec laquelle le jeune chorégraphe affirme son plaisir d’aller à la rencontre des singularités de ses interprètes.

Le titre de cette création évoque immanquablement William Burroughs et son roman écrit en 1973. Un même geste radical semble les animer. Il y a dans cette forme épurée, que certains pourraient qualifier de simpliste, une certaine volonté d’aller à l’essence de l’individualité de chaque danseur, jusqu’à l’épuisement des possibles, une certaine cruauté aussi, de les livrer ainsi en pâture au public sur un plateau vide sans autre appui que la musique. Cet enchainement de 5 soli avec des transitions sèches, brusques, est une étape de travail d’un projet plus vaste qui impliquera à terme une douzaine de danseurs. A l’aune de leurs prestations et dans cette perspective, libre à nous de les imaginer d’ores et déjà dans des configurations de notre choix ! Camille Ollagnier ne fait que nous les présenter, longuement, patiemment, dans un geste qui pourrait s’apparenter à un hommage aux interprètes qui portent silencieusement les pièces tout en restant le plus souvent dans l’anonymat. Le chorégraphe écrit du « sur mesure ». Sous son regard, Thomas Lagrève se dissout dans mille étincelles de son costume à paillettes tapis dans l’obscurité du plateau, matière dense et malléable, avant d’acquérir dans la posture débout le charme doré très C-3PO, le plus snobe robot de Star Wars. Martin Barré affirme de manière troublante la force brute de son corps massif, et dans des équilibres ténus, qui succombent à la chute, son poids considérable frôle l’envol de manière épatante, en dépit et contre toute raison, affranchi de toute loi de la représentation. Nans Martin et Vincent Delétang résistent à la musique, chacun à sa manière. Ils égrainent des imaginaires pop ou cinématographique. Alexandre Bibia enfin s’abandonne avec fureur et une sensualité démesurée à la musique de Price.

Nous prenons avec Camille Ollagnier le temps de les découvrir. L’envie de les revoir dans d’autres configurations de plateau nous gagne subrepticement. Pour emprunter au jargon du cinéma : les essais caméra sont concluants, le casting est validé, passons à la réalisation.

Faits d’hiver continue. Demandez le programme !

 

photographies © Nina Flore Hernandez

 

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Smaranda Olcese

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