Danse
Avec « Somnole », Boris Charmatz nous propose un solo unique et somptueux

Avec « Somnole », Boris Charmatz nous propose un solo unique et somptueux

09 novembre 2021 | PAR Julia Wahl

L’Opéra de Lille accueille les 9 et 10 novembre Somnole, un somptueux solo de Boris Charmatz, récemment promu à la tête du Tanztheater Wuppertal Pina Bausch. A découvrir absolument.

Le titre peut sembler un rien mensonger : Charmatz ne dormira pas. Il nous conduira en revanche sur les ailes d’un rêve éveillé, servi par la grâce de sa danse et la légèreté de ses sifflements.

Car c’est la musique qui est en réalité au cœur du spectacle : renouant avec un vieux fantasme d’enfant, le chorégraphe-danseur interprète lui-même la musique qui guide ses pas. Usant pour cela de ses lèvres, il propose de magnifiques modulations sonores, volontiers aiguës, qui revisitent toutes les musiques du répertoire. Du classique (Bach, Mozart ou Vivaldi), bien sûr, mais aussi des standards de la musique populaire (l’inoubliable « Reality », de Richard Sanderson, de notre adolescence, « My way », « Les feuilles mortes »…). Ce syncrétisme musical rend compte de l’intériorité du danseur et des musiques qui l’ont construit.

Mais Somnole, bien sûr, c’est aussi le parcours d’un corps sur un plateau : Charmatz rampe, saute, tournoie et s’étire au gré des sensations. Un travail du corps qui maintient un véritable sentiment de continuité malgré les ruptures de rythme et d’état de corps. La lumière d’Yves Godin y est pour beaucoup. Suivant le danseur d’une très légère poursuite rosâtre, il crée une opposition ténue avec un plateau soudain envahi de vert pâle. Le jeu avec les couleurs complémentaires, l’usage de couleurs pastel participent de cette impression de continuité et de légèreté.

Somnole, enfin, c’est aussi une véritable communion avec le public : le recours à des standards de la musique populaire fait entrer ipso facto les spectateurs dans la ronde, Charmatz les invitant à entonner avec lui une mélodie. Il convie une spectatrice à danser avec lui sur « Les feuilles mortes », alors qu’il interprète tout seul, en solo, « Reality ». Une introspection sous le signe du partage.

 

A l’Opéra de Lille les 9 et 10 novembre à 20h.

Visuel : ©Simon Gosselin

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Julia Wahl
Professeure de lettres durant dix ans, chargée de production de diverses compagnies de danse ou de théâtre, chargée d'action culturelle et des relations publiques... Tout ce qui a trait à la promotion de la culture et au développement de ses publics me passionne. Parce que l'on ne peut voir un spectacle sans vouloir transmettre ses émotions, je chronique régulièrement le cinéma, le théâtre et la politique culturelle pour Toute la Culture.

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