Danse
« A l’Ouest », Olivia Grandville, le Grand Nord, la lumière et la beauté au Théâtre de la Bastille

« A l’Ouest », Olivia Grandville, le Grand Nord, la lumière et la beauté au Théâtre de la Bastille

26 février 2020 | PAR Amelie Blaustein Niddam

Toujours dans le cadre du Focus danse du Théâtre de la Bastille en partenariat avec le CDCN Atelier de Paris, la danseuse et chorégraphe Olivia Grandville amène les danses de pow-wow dans la sphère contemporaine.

Sur scène, il y a une structure métallique qui ressemble à un igloo, dedans, il y a une télévision qui diffuse des images de la nature canadienne. C’est vaste, et on imagine, froid. 

Paul Loiseau est aux percussions, il tape non-stop le rythme qui est celui des battements du cœur. Une frappe régulière qui impose aux danseuses Lucie Collardeau, Clémence Galliard, Olivia Grandville, Tatiana Julien et Marie Orts de ne jamais pouvoir ralentir. Pour le moment, elles avancent comme si le sol était largement recouvert de neige. Elles portent des bonnets à visière en polaire, des boots et des moufles. 

La lumière d‘Yves Godin vient moduler le blanc, qu’il rend pluriel, puis coloré à l’aide de la télévision désormais voilée par des grandes bâches transparentes. Le sol semble être marbré. Dans ce décor d’allégorie du grand vide, les filles vont tourner autour de cette maison, désormais libérées de leurs accessoires. Elles dansent dans des grands tee-shirts noirs frangés. 

Alors, elles tournent, avec des pas qui s’enfoncent dans le plateau, qui tapent. Avec une jambe qui soulève et vient entrechoquer l’autre. Le rythme est tourbillonnant, hypnotique. La danse est une transe. L’écoute entre les danseuses est magnifique, tout comme leurs regards qui sont soit au sol, entraînant la nuque, soit au lointain, leur donnant des allures d’aigles puissants.

Olivia Grandville a passé plusieurs mois là-bas, dans ce Canada si froid, pour comprendre à la fois comment la culture amérindienne a voulu être effacée par les colons et comment la danse est une part de l’identité. Elle amène sur le plateau de la Bastille les pas des Indiens Arapahos. Elle s’inscrit ainsi, et à totale égalité, dans les travaux très actuels qui réhabilitent les danses traditionnelles. Rizzo avec la Turquie, Sciarroni avec l’Autriche, Fouad Boussouf avec l’Egypte, ont amené des pas folkloriques dans la danse contemporaine.

Et avouons notre grand bonheur de retrouver cette artiste que nous aimons tant et suivons de près à Toute La Culture en danseuse très physique.

Un spectacle de toute beauté, à la force et à l’impact lumineux à voir jusqu’au 29 au Théâtre de la Bastille.

 

Visuel ©Marc Domage

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