Danse
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Si dans cette chambre un ami attend… de Perrine Valli à la MC93

07 mai 2012 | PAR Kylhian Hildebert

Du vendredi 04 mai au samedi 02 juin ont lieu les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint Denis, dans dix théâtres du département, différents artistes vont prendre la scène et nous inviter à de véritables expériences chorégraphiques. Hier, c’était à la jeune chorégraphe Perrine Valli de prendre place sur la scène de la Maison de la culture du 93…

Dans un décor nu, où un large voile noir s’étend sur toute la scène et sous lequel se cache un petit lit, Perrine Valli se meut peu à peu. Au départ quasiment immobile, allongée, entièrement vêtue de noir, les bras nus, elle finit par se livrer de plus en plus. Tout est construit autour de l’idée de chambre, de ce qu’il peut se passer en son enceinte : les rires, les peines, les questions de sexualité, tout est étudié dans cette représentation en solo. Parfois, un personnage masculin fait son apparition, mais il n’est réduit qu’à son rôle de figurant, à une ombre qui observe dans la pénombre les différents gestes de Perrine Valli. La figure féminine est le personnage principal, interrogée dans son intimité, personnelle et fantasmée. Les différents tableaux qui sont mis en scène sont imagés, réduits à des éléments symboliques, c’est au spectateur de percevoir ce qui doit être vu ; seuls quelques éléments du décor changent ou se meuvent (comme c’est le cas pour le voile noir qui devient houleux grâce aux amples mouvements du figurant ; ce qui mime une tempête et à travers cela, l’agitation mentale dans laquelle se trouve la chorégraphe).

Une des principales recherches à l’oeuvre dans Si dans cette chambre un ami attend… est le travail sur la perception du mouvement par le spectateur. Il est ici interrogé par l’alternance entre les gestes effectués lentement et les nombreux gestes (balancements de bras notamment) effectués à toute vitesse, qui font apparaître le corps comme une traînée indistincte. La danse n’est plus simplement une suite de mouvements que l’on peut suivre et admirer ; mais également un travail sur l’automatisme du corps, sur son incroyable capacité à répéter inlassablement les mêmes gestes, avec la même dextérité, la même rapidité.

Du fait de l’introspection qui est effectuée, du voyage mental et imaginaire auquel Perrine Valli nous convie, et donc d’un aspect assez conceptuel et abstrait, il est possible que beaucoup ne parviennent pas à véritablement saisir toutes les intentions de l’artiste. Il n’y a pas d’argument proprement dit, ou d’événements mis en scène et dès lors une partie des spectateurs risque d’être déconcertée. Néanmoins la chorégraphe, très inspirée par la poétesse américaine Emily Dickinson, réussit à mener de bout en bout son propos.

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Kylhian Hildebert

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