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« Mù – cinématique des fluides » ouvre l’édition 2015 du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes

« Mù – cinématique des fluides » ouvre l’édition 2015 du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes

21 septembre 2015 | PAR La Rédaction

C’est à la compagnie Transe Expresse qu’est revenue la tâche d’ouvrir l’édition 2015 du Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes, avec Mù – cinématique des fluides, un spectacle de plein air faisant intervenir une grue télescopique. Monumental et néanmoins enchanteur, il a su déposer un large sourire sur les lèvres des festivaliers de tous âges.

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Une courte averse, comme un semblant de plaisanterie, a douché la foule amassée sur la Place Ducale de Charleville-Mézières pour assister à la représentation de « Mù – cinématique des fluides ». Presque un clin d’œil, puisque le thème de ce spectacle est aquatique : une sorte de conte de sirène mâtiné de Jules Verne, avec une bonne dose de poésie et de trouvailles visuelles. L’histoire tient en peu de mots : une jolie demoiselle – que l’on devine un peu Sirène – chante depuis les airs, un Capitaine barbu et juché sur échasses la poursuit depuis le sol, dans l’espoir de la rejoindre.

Sur ce canevas viennent se greffer une ribambelle de personnages secondaires, qui sont autant de touches loufoques ou drôles, merveilleuses ou poétiques, dans ce spectacle surréaliste autant qu’impressionnant. Un cortège de jouets de bain déglingués fend la foule sur les pas du Capitaine, pour finir par être remplacé par un banc de poissons lumineux, tenu au bout de perches par des bénévoles de la ville. Les cinq musiciens du spectacle sont accrochés dans des nacelles qui se déploient au bout de bras articulés. Trois acrobates-salamandres se balancent autour de la Sirène, accrochés dans les airs au-dessus du public. Le tout, habillé d’une très belle mise en lumière.

Point d’orgue du spectacle et superbe trouvaille, c’est la structure centrale qui marquera sans doute les esprits. Au départ, il s’agit d’une quasi-sphère, inerte. Mais lorsque, au bout de 10 minutes, la Sirène la rejoint, toute l’inventivité qui a présidé à sa confection se déploie. La grue vient s’arrimer à sa partie supérieure, qu’elle soulève, et, telle un gigantesque coquillage, la structure s’ouvre et se désolidarise en deux moitié. L’une, aérienne, va perdre son habillage de toile pour devenir une étoile de mer arachnéenne ; l’autre, terrestre, va porter les cinq musiciens-étamines au bout de bras articulés, figurant une fleur étrange – et mélodieuse !

Pour délicieux qu’il soit, on a tout de même du mal à accorder beaucoup d’originalité au spectacle. Au final, on y retrouve tous les éléments caractéristiques des grands spectacles de rue avec grue – le dialogue entre personnages au sol et personnages suspendus, passages au-dessus de la foule, importance de la musique et des jeux de lumières remplaçant les dialogues… Mais l’originalité est-elle toujours nécessaire ? En définitive, la débauche d’inventivité visuelle, l’idée très réussie de la structure du coquillage-fleur, les frissons qui parcourent petits et grands, ne sont-ils pas tout ce que l’on attend d’un spectacle réussi ?

Régal des yeux et des oreilles, prétexte à l’émerveillement, « Mù – cinématique » des fluides est un spectacle à ne pas bouder !

Mathieu Dochtermann

« Mù – cinématique des fluides », par TRANSE EXPRESS
Ecriture collective : Rémi Allaigre, Mickaël Belle, David Frier, Matthieu Neumann, Ivan Tziboulsky, Gilles Rhode
Ingénierie : Pierre Garabiol, Mickaël Belle
Mise en scène : Gilles Rhode, Brigitte Burdin, Rémi Allaigre, Alberto Nason
Compositeurs : Philippe Gilbert, Léopold Plastaga, Rémi Allaigre
Mise en lumière : TILT François Fouilhé, Jean-Baptiste Laude
Plasticiens scénographes : David Frier, Céline Carraud
Costumes : Clothilde Laude, Gilles Rhode
Artistes interprètes : musiciens : Amanda Gardone, Marc de Sousa (contrebasse), Eric Houdart, Lionel Garcin (saxophone), Vincent Stephan, Laurent Arn (trompette), Raphael Carrara, Ivan Tziboulski (xylophone), Mickaël Belle, Louis Gaumeton (batterie) ; acrobates : Adrien Fretard, Vincent Martinez, Tarzana Fourès, Amélie Kourim, Franck Saurel, Thibault Lapeyre, Nilda Martinez ; chanteurs : Karole Seyve, Maryvette Lair
Formateurs : Rémi Allaigre, David Frier, Mathieu Neumann
Régisseurs : Frank Gaffiot, Laurent Dolques, Arnaud Barbiéri, Agop Djevahirjian, Arnaud Grasset
Photo : Juan Robert
www.transe-express.com

 ©Angelina Lombardo

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La Rédaction

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