Musique

Une comédie musicale « (dés)honore » Joe Dassin

22 avril 2010 | PAR Mikaël Faujour

Il était une fois Joe Dassin est la nouvelle comédie musicale dont, à coup sûr, les clips et les singles vont déferler dans les télévisions et les radios pendant quelques mois. Sourires Colgate, attitude « sympa » et intonations de chant téléphonées : les ingrédients classiques sont au rendez-vous de ce 1er extrait, la reprise de « Il était une fois nous deux »…

 

Le cancer des comédies musicales n’en finit plus de répandre ses métastases dans le monde des variétés. C’est que depuis la fin des années 90, des hordes de barbares s’ingénient à attirer dans le caniveau du ridicule la grande littérature (Hugo, Shakespeare), la Bible ou Mozart (on se sent encore souillé par l’assènement cruel de « L’Assassymphonie »). Paroles ineptes, hululements semblables et interchangeables, orchestrations téléphonées à l’envi nous reviennent d’une année à l’autre, comme fluent et affluent encore des vagues chargées d’algues puantes et de méduses crevées.

Voilà donc qu’un nouveau barbare s’en prend à présent à… Joe Dassin. (Les mauvais plaisants qui ne comprennent pas l’authentique talent du grand Joe pourront toujours noter qu’après Hugo ou Mozart, on constate plus de modestie chez les responsables de ce musical. Et l’on ne peut d’ailleurs qu’espérer que, à cette allure, une troupe reprenne le répertoire fétide de Michel Sardou…). L’occasion de révéler la « nouvelle génération montante » – une de plus, dont il serait bien venu de hâter la dégringolade activement.

Les dégâts se mesurent ici. Les amateurs de rodéo musical nous diront s’ils ont tenu jusqu’au bout. En tout cas, ça fait mal à Joe Dassin.

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Mikaël Faujour

10 thoughts on “Une comédie musicale « (dés)honore » Joe Dassin”

Commentaire(s)

  • weiss

    sardou fétide? Je tiens quand même à rappeler que Sardou à 40 de carrières sans traversée du desert!!!

    Votre site destiné aux bobos et c’est un véritable torchon!

    avril 23, 2010 at 7 h 22 min
  • Merci. Il n’est pas de plus grand plaisir que se faire insulter par des personnes de mauvais goût. Quant à « bobo », c’est exactement comme « les gens », « les beaufs », « les cons » : ce sont toujours les autres.

    Je ne sache pas que la durée d’une carrière atteste le brio. Que Sardou ait du talent n’empêche aucunement la profonde nullité de son pseudo-« engagement » : toujours du côté du manche. Je préfère de loin certains artistes qui n’ont pas duré beaucoup, mais qui ont marqué plus profondément la musique. Ou, s’il faut parler d’artistes qui ont duré, que l’on parle des grands, des vrais : Gérard Manset, Alain Bashung, Hubert-Félix Thiéfaine, Jean-Louis Murat, par exemple.

    Mondieu… Sardou ! De loin je préfère prendre part à un site « destiné aux bobos » qu’un site promouvant la médiocrité profonde de ce pédant rétrograde dispensateur de leçons de morale.

    Bien à vous.

    avril 23, 2010 at 7 h 35 min
  • PS – En tout état de cause, la mort de Sardou me causera grand joie. Je la célébrerai au champagne, tout comme je le fis pour Sevran et tout comme je le ferai pour Pasqua.

    avril 23, 2010 at 7 h 40 min
  • Raphaël Seve

    Weiss, laisse tomber, Mikaël est un vrai bobo! Il doit faire partie de ces parigots qui se prennent pour le centre du monde!
    Comme dit Sardou : »C’est en France qu’il y a Paris, mais la France c’est aussi un pays où il y’a quand même pas 50 millions d’abrutis ».
    Dire que le répertoire de Sardou est fétide est le plus beau compliment que tu puisses lui faire.
    Les gens aiment Sardou, ils le suivent depuis 40 ans, il vend toujours des disques, ils remplient toujours les plus grandes salles, et ça, au détriment de gens comme toi qui l’attaquent (remarque, ça lui fait de la pub gratuite).
    Et je pense que de Sardou, tu ne connais même pas 1/100 de son répertoire musicale.
    Mais c’est tellement Parigots de parler pour ce faire remarquer, de parler pour paraitre intelligent, de parler pour donner l’impression que vous êtes l’intelligentsia de notre pays!

    Et pour infos, il y a de très bonnes comédies musicales.
    Certes, nous français, ne sommes pas toujours très inspirés dans ce genre musical (a part quelque exemption comme Starmania je pense).
    Je t’invite à écouter les musiques du pape de la comédie musicale Andrew Lloyd Webber et tu changeras peut-être d’avis …ou pas!

    PS: Mikaël, concernant Jean Louis Murat, je suis d’accord sur le fait que c’est un grand de la chanson française.

    avril 24, 2010 at 18 h 45 min
  • Nathalie

    au secours le clip et les arrangements !

    avril 25, 2010 at 21 h 46 min
  • A Raphaël Seve.

    1- Je ne suis pas Parigot : ni de naissance ni de résidence, puisque durant ma collaboration avec La Boîte à Sorties, je résidais à Lille et à présent près de Saint-Brieuc.

    2- Quand bien même, je ne sache pas que Paris immunise du mauvais goût qui fait aimer Sardou. Je crois même qu’il y remplira sans problème l’Olympia durant plus de 15 jours en janvier 2011…

    3- Le snobisme n’a rien de Parigot. N’importe quel centre d’art contemporain en région vous permettra d’en prendre la mesure, par exemple.

    4- L’argument du chiffre (durée de la carrière, nombre de disques vendus) est une imbécillité. Cela reviendrait à dire que Lautréamont ou Rimbaud, pour la littérature, valent moins que les feuilletonistes à grand succès du XIXe siècle. Cela reviendrait à dire que TF1 est une meilleure chaîne que Arte, par exemple.

    5- Il me suffit d’avoir vu quelques toiles de Rubens pour mesurer l’ampleur de son génie. Il n’est pas nécessaire d’avoir une connaissance de TOUT son oeuvre pictural. De même, pour Sardou, je ne vois pas pourquoi je devrais m’infliger sa discographie complète pour émettre un jugement. Des chansons comme « Femmes des années 80 », « Je suis pour », « Le temps béni des colonies » ou le tract pro-sarkozyste de 2007 « Allons danser » rappellent combien ce brave Sardou est un chanteur engagé… toujours du côté du manche et des valeurs rétrogrades. La chose n’est pas neuve : l’affect politique et social de Sardou est rétrograde, beauf, sexiste, etc. Libre à lui de défendre ces valeurs, de soutenir le plus mauvais président de la Ve République et défendre les pires lieux communs lepénistes, après tout. Mais libre à moi aussi de le mépriser et de sabler le champagne lorsqu’il crèvera.

    6- Je n’ai pas fait de généralité sur les comédies musicales. Ce n’est certes pas un genre que j’affectionne en particulier, mais certaines sont brillantissimes, comme Hair ou Starmania. Mais la profonde nullité des paroles de Roméo & Juliette (« On vit la vie / Jour après jour/ Nuit après nuit »), pour n’en citer qu’une seule, démontre assez la nullité de l’ambition. D’ailleurs c’est pas pour rien que le brave Gad Elmaleh en a livré une parodie décapante. Sans compter les tics de chant absolument ringards des interprètes, standardisés. De la daube. Je maintiens.

    Bons baisers de Bretagne, cher ami provincial.

    PS – Je ne m’abaisserai pas à une vilaine reductio ad Hitleram, mais le principe du bon sens de la province contre la déraison de la ville me paraît grotesque.

    avril 26, 2010 at 12 h 18 min
  • Oh, j’ajoute une chose. Même si cela n’est pas systématique et que des oeuvres, par leur étrangeté ou leur caractère inimitable, demeurent isolées et sans « descendance », un caractère qui indique la valeur d’une oeuvre est l’influence qu’elle exerce sur les pairs. A cela on mesure que Michel-Ange, en peinture, est l’un des plus immenses peintres de l’histoire de l’Occident. A cela on mesure l’influence déterminante des susmentionnés Rimbaud et Lautréamont ou encore de Mallarmé pour la poésie moderne. Et c’est aussi à cela qu’on mesure la médiocrité de Michel Sardou, dont personne n’aurait l’idée de se revendiquer — sauf peut-être de médiocres vedettes de télé. Rapporté à l’influence des Stooges, des Beatles ou du Velvet Underground sur la musique populaire, il y a plus qu’un fossé. Et que ces groupes aient duré quelques années (tous moins de 10 ans) n’enlève rien à l’immensité de leur influence.

    avril 26, 2010 at 12 h 24 min
  • « Nos voisins britanniques, qui ne défendent pas, comme chez nous les bénéfices “ monopolistiques d’État ”
    d’une quelconque S.E.I.T.A., ont imposé que chaque paquet de cigarettes porte une mise en garde officielle. Il y
    a eu, chez nous aussi, de timides campagnes anti-tabac. Plus timides encore, il y a eu des campagnes antialcoolisme.
    Nous tenterons, ici, d’apporter notre pierre modeste à l’édifice d’une campagne anti-Sardou. Ce livre
    se veut donc, aussi, manuel explicatif et dénonciateur d’une certaine forme de pollution. » (FAUT-IL BRÛLER SARDOU? — Louis-Jean Calvet et Jean-Claude Klein, 1977)

    avril 26, 2010 at 21 h 31 min
  • garic laurent

    comment peut on souhaiter la mort de quelqu’un ?
    comment en êtes vous arrivé là ?
    mon pauvre …
    quel rapport socialiste et « fermé » ! (le président le pire à avoir existé n’est il pas Mitterand ? (assassinat, sida , …) !
    je ne vais pas insister la dessus, mais ça vous colle bien, au dire de vos propos…
    pauvre France…
    et dire que ça existe …
    bravo !

    octobre 11, 2010 at 14 h 45 min
  • Foutreciel ! M. Garic, je n’ai pas compris clairement votre message. Confus, je titube, la lippe pendante, sonné par votre message et l’absurdité globale d’un glissement allant d’une comédie sur Joe Dassin à une sorte de bizarrerie établissant un lien entre Mitterrand et le SIDA…?… et m’imputant sans doute quelque accointance socialiste mitterrandienne (le point Godwin de la droite extrême/extrême droite qui se dit républicaine et nous dirige). Brrr !

    Je dois dire que le caractère confus de votre message le rend difficilement compréhensible. Mais je vais m’efforcer de répondre, dans les limites du sens qui me parvient.

    1. L’extrait que je cite est tiré d’un livre paru à la fin des années 1970, dont le titre, sauf à être un pète-sec qui ne comprend les choses que dans leur sens premier et littéral, est assez clairement humoristique pour n’être pas un appel au meutre.

    2. Quand bien même les auteurs souhaiteraient la mort de Sardou – et c’est mon cas aussi, d’ailleurs -, cela ne signifie pas qu’ils appellent à l’assassiner.

    3. Quel est le rapport avec le socialisme? Quel rapport avec le SIDA? Quel rapport avec Mitterrand???

    4. Le pire président français depuis la guerre est probablement Sarkozy. Pour autant, loin de moi l’idée de défendre Mitterrand. Qui, pour votre gouverne, est à peu près aussi fidèle au socialisme et à ses propres discours conquérants des années 1970, que Sardou est ami des Brigades Rouges. C’est à l’ère Mitterrand qu’on doit les grands Bénamou, Attali, Strauss-Kahn, Tapie, le discours sur les winners et la grandeur de l’entreprise, l’antiracisme bidon pour escamoter les questions sociales, etc. Donc loin de moi l’idée de dire merci.

    Maintenant, M. Garic, il n’est pas à exclure que malgré moi je sois porteur d’un virus féroce, hirsute et avec un couteau entre les dents : peut-être en effet suis-je atteint de bolchevisme et de stalinisme. Cela expliquerait sans doute mon secret désir de voir finir Obispo, Lorie, Patrick Fiori et quelques autres dans un goulag. Humour, je précise, my dear.

    octobre 11, 2010 at 15 h 59 min

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