Musique
The Do : Both ways open jaws. Gueules ouvertes et Oreilles- bées

The Do : Both ways open jaws. Gueules ouvertes et Oreilles- bées

23 mars 2011 | PAR Pascal

Both ways open jaws, une phrase étrange venue d’ailleurs, avec génie. Génie d’un duo, de deux chemins destinés à ouvrir les portes et les claquer pour éviter l’endormissement, la fainéantise de l’esprit, la mécanique des sorts et des sots. Olivia et Dan, Dan et Olivia prennent une dimension qui dépasse nos « shoulders » et montent en rythmes rituels et fantomatiques vers nos neurones d’amateurs éclairés, démontrant qu’on peut ouvrir nos mâchoires pour mordre la vie à pleines dents et en rester bouche bée car le but n’est pas le but, disait le philosophe Indien, c’est le chemin. Le leur est lumineux.

The Dø sera en live dans l’émission de Canal +, la Musicale, le lundi 28/03. gagnez vos places en jouant à notre jeu-concours.

Asseyez-vous, détendez-vous. Both ways open jaws demande une écoute totale. Les titres ne sont pas des illustrations sonores de films contemporains, ils ne donnent pas à voir, car ils sont eux-mêmes visions. Deux, le nombre du couple, celui des compagnons de route également, celui des chemins dont la distance sera l’occasion de croiser des destinées ou pas. L’instinct comme la réflexion sont l’équilibre majeur de cet album que je qualifierai de mystique. Leur surprenante et enthousiasmante démarche laisse entrevoir le bonheur d’être réunis dans un Temple-maison, nommé studio d’enregistrement, le lieu secret où tout se crée. Certes, ils sont apostrophés d’ « iconoclastes », de libre-penseurs, mais ici, en transformant leurs instincts, leurs performances et leurs sentiments en œuvre, l’écoute devient divine comme une comédie.

Une marque particulière se fait jour : la prééminence des rythmes. Quel bienfait ! Quel bonheur d’offrir cette énergie première aux accents innocents d’Olivia. Tantôt clinquants et électro, tantôts psyshorocks version Pink Floyd, parfois guerriers avec force de toms basses, ils partagent notre route, la croisent sans tomber dans la facilité de la guitare fragile pour un « plus émotionnel ». Inutile. La frustration, issue des tournées aboutit au plaisir. Chanson après chanson, de surprise en surprise, le groupe trace cette route, en brouillant les pistes. Une référence vient immédiatement en tête : Arcade fire. Non, pas pour stigmatiser et classer ces deux enfants de la musique et du libre-arbitre, mais pour définir cette culture de l’art majeur que peut être la pop musique, pensée, ouverte, aussi rock que chorale et fugues.

Ici, leur culture du spectacle est explosive. Après le buzz myspace de 2008 et des performances internationales, les menant d’Istanbul à Los Angeles, sort de leur ermitage un album international. Le mot n’est pas trop fort. A mouthful, était une bouchée délicieuse, mais comme tout groupe, on attendait nos deux héros au tournant. Le nombre deux leur portera bonheur comme un nombre d’or avec des arrangements éclairés à la bougie dans le couloir de La Belle et la Bête de Jean Cocteau. Textes réalistes, chansons courtes, chansons longues, courts métrages crépusculaires et longues envolées lyriques, quand l’instinct devient une prière, répétitive, indispensable et vous habite, louange après louange, cri après cri, et tous ses chemins sur lesquels, vivants vous ouvrez grands la mâchoire, pour mordre, les oreilles-bées . Musique destinée.

Dust-it off, Gonna be sick, Bohemian dances, Slippery Slope, Quake, Moon Mermands, autant de titres (quinze au total) annonçant une décade prodigieuse. A écouter, sans modération.

Infos pratiques

Philippe Katerine mange sa banane à l’Orangerie du Château de Versailles
Gagnez 4×2 places pour le Concert Live des The Do dans l’émission de Canal +, la Musicale, le lundi 28/03
Pascal

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