Musique
Sonia Wieder-Atherton fait à nouveau vibrer les Chants Juifs de son Violoncelle

Sonia Wieder-Atherton fait à nouveau vibrer les Chants Juifs de son Violoncelle

14 janvier 2011 | PAR Bérénice Clerc

Une des plus belles émotions musicales offertes par la virtuose Sonia Wieder-Atherton, Chants Juifs, est enfin réédité chez Naïve.

Quel plaisir de retrouver ces enregistrements précieux devenus cultes et de plonger au cœur de l’univers tendre et consolant de cette violoncelliste.

« Chantal Akerman m’a demandé de trouver des musiques pour son film Histoires d’Amérique. Je ne connaissais rien de la religion Juive. Lorsque j’ai commencé à jouer ces chants, j’ai eu l’impression de les avoir toujours entendus. Ils coulaient en moi comme coule le sang dans mes veines ».

C’est à ce moment là que la musicienne découvre son histoire personnelle, familiale reléguée dans l’oubli et le non dit : la fuite de ses grands-parents maternels juifs de Bucarest en France en passant par Beyrouth, les études de piano de sa grand-mère, le hassidisme, Levinas et Kafka, son enfance aux États-Unis.

Dans ce nouvel écrin paru chez Naïve, Sonia Wieder-Atherton utilise la plume, et nous offre des morceaux d’histoire dans les 14 textes poétiques du livret qui à eux seuls justifient cette réédition des chants juifs. Elle interroge la musique, le temps perdu, retrouvé, intemporel, volé, rubato, atemporel, pour offrir une autre lecture de ces chants envoutants.

« Je ne voulais pas donner une présentation exhaustive de ces chants. Alors j’ai choisi une écriture libre pour évoquer des sujets qui m’habitent »

La violoncelliste écrit en Russie sur des notes de taxis, des papiers de brouillon.

Ritournelles, prières, psaumes, l’artiste tisse les notes entre confidence et partage, plainte profonde et joie extérieure digne d’une danse traditionnelle.

Accompagnée par la pianiste Daria Horova, son archet glisse sur nos peines, les enrobe et éclaire nos sombres pensées.

La Sinfonia Varsovia rejoint le duo piano-violoncelle pour une pépite hébraïque et inédite de Ravel.

Une culture s’élève en un chant sacré, l’émotion n’est jamais jouée ou forcée, elle est pure, douce entre cordes frottées et cordes frappées.

« Le sacré, rare aujourd’hui face à la victoire du quotidien, est un hors temps où le rapport à soi-même fait sens. Lors des concerts se crée cette réunion entre la personne qui donne et celle qui écoute au sein d’un univers commun. Sur scène on sent que quelque chose va se passer, on sent le temps s’écouler. »

L’auditeur devient lecteur d’un grand livre chargé d’histoires, de sagas, d’épopées douloureuses et tumultueuses.

La ferveur de la violoncelliste est palpable dès les premières notes, la densité du jeu, l’amplitude du son vous entrainent dans une aventure sans pareil.

Sonia Wieder-Atherton loin de la starisation des instrumentistes mène son violoncelle où elle a envie de le mener. Profonde, sérieuse, elle maitrise l’art de chanter la construction d’une phrase musicale.

Ecoutez cet album avec passion, faites vibrer votre corde sensible.

 

 

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Bérénice Clerc
Comédienne, cantatrice et auteure des « Recettes Beauté » (YB ÉDITIONS), spécialisée en art contemporain, chanson française et musique classique.

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