Musique

Rock en seine, Soir 2 : des solaires Two Door à la célébration noire de Massive Attack

29 août 2010 | PAR Yaël Hirsch

Comme espéré hier, samedi a vu un soleil clément (voir vraiment chaud en début d’après-midi) réjouir les artistes et les festivaliers de Rock en Seine. En coulisses, peu d’activités annexes étaient prévues, si ce n’est une conférence de presse de J.-P. Huchon, président du conseil régional d’île de France et SFR jeunes talents, qui reparlait de son gagnant (et un de nos chouchous, voir ici) : les Twin Twin. Nous nous sommes donc concentrés sur la musique, toute la musique et rien que la musique.

A partir de 16h55, les Stereophonics ont investi la Grande Scène, dont le son semble malheureusement pas toujours au point. Si bien que la fameuse énergie du fameux groupe Brit-Pop n’a pas tout à fait pu être communiquée, et que la voix de Kelly Jones a pu paraître un peu faiblarde, à côté de celle du groupe suivant que nous sommes allés voir et qui nous a bluffés!

Propulsés par Myspace, les irlandais de Two Door Cinema Club ont un seul album derrière eux (Tourist History, 2010, Kistuné)., mais sont déjà des bêtes de scène. La voix phénoménale du chanteur Alex Trimble, ne fait pas oublier que toutes les compositions tournent autour de la basse de Kevin Baird. Les deux membres fondateurs des Two Door se sont rencontrés chez les scouts et cela se sent : leur pop-rock joyeux et énergique démarre souvent avec des accords d’orgue très pré-Vatican II. Côté style, la joie de vivre et de se produire pour la première fois devant un public à perte de vue ainsi, banane années 1950 revue au goût brit-pop, et une belle chemise blanche de communiant sur le skinny étaient de mise. Inspiré par les Beatles, aussi bien que par Pheonix, les Two Door ont une énergie solaire bien à eu et nous ont tour à tour ému et donné envie de faire la fête. Ils nous ont même offert un titre qui n’est pas sur leur album et extrêmement mélodique : « Costume Party ». Avis aux amateurs, les jeunes talents de Two Door sont à l’Olympia le 25 novembre!

Après ce plein de peps, l’air a continué de pétiller à Rock en Seine, avec le beau Paolo Nutini sur la Grande Scène. Marinière, gomina et sourire Colgate l’italien (et écossais) adoré des femmes a livré devant un public peut-être pas assez nombreux, mais agitant de beau drapeaux vert, blanc et orange, un répertoire très blues et fifties. Mettant de côté la mélancolie, il a même proposé de nombreuses reprises, avec une énergie communicative : une vraie fête populaire et sans prise de tête, rythmée par la voix chaude du songwriter. Ses nouvelles chaussures sont même devenues des chaussons de bal!

Beaucoup plus cérébrale, la musique de Jonsi (le chanteur et guitariste du groupe islandais Sigur Ros, qui a monté avec son surnom un projet solo audacieux) semble chercher à figer le temps à grand renfort de xylophones et par la magie du timbre complétement perché du chanteur. Sorte de moment de communion mystique autour des ficelles qui pendaient sur les vêtements du groupe, ce concert à la Seine de la Cascade, n’était peut-être pas tout à fait assez rock pour le grand air. Le souci de perfection de Jonsi doit mieux toucher dans une salle plus intime.

A 20h, un des grands groupes attendus à Rock en Seine cette année est entré en piste sur la grande scène sous les hourras de la foule massée, nombreuse, et heureuse d’être comprimée, qui s’y était pris en avance pour entendre en live Josh et ses hommes… Cependant, peut-être à cause des problèmes de sono de la Grande Scène, énergie hard rock des Queens of the Stone Age n’est pas tout à fait passée.

Les très attendus Massive Attack ont succédé aux Queens of the Stone Age sur la Grande Scène, et, parés de néons lumineux hypnotiques, et de la voix de la guest de marque de l’album « Heligoland »(voir la critique de l’album) :Martina Topley-Bird, ils ont complétement envoûté les 7/8 des spectateurs de Rock en Scène. Au contact des mélodies minérales et des néons mauves de Massive Attack, ces derniers semblaient paralysés par la beauté apaisante de Massive Attack, mais aussi par quelque chose de macabre qui donnait un caractère de grande messe noire à ce concert. Les Massiva Attack passent à Grenoble et à Montpellier ce mois d’octobre, plus d’informations sur leur myspace.

Alors que les Massive Attack orchestraient leur odyssées envoûtante, à l’autre bout du domaine de Saint-Cloud, Eric Reed Boucher alias Jello Biafra (et ex-Dead Kennedys)enveloppé d’un drapeau américain et ses camarade de Guantanamo School, ont offert du rock -du vrai!- aux accents punk et bien sur politiquement engagé.

Enfin, les belges surdoués des platines, 2 Many DJ’s ont prolongé la fête par leurs collages de son audacieux et joyeux, mélangeant tous les styles, jusqu’après une heure du matin, sur la scène de la Cascade.

Rendez-vous aujourd’hui pour le 3 e et dernier jour de cette 8 e édition de Rock en Seine. Au programme : le blues des eels, les délicieux tings tings et les maîtres d’Arcade Fire.

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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