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Rebekka Karijord ouvre avec générosité et génie la 14e édition des femmes s’en mêlent à l’Institut Culturel Suédois de Paris

Rebekka Karijord ouvre avec générosité et génie la 14e édition des femmes s’en mêlent à l’Institut Culturel Suédois de Paris

24 mars 2011 | PAR Yaël Hirsch

La chanteuse norvégienne vivant à Stockholm depuis près de dix ans a ouvert l’édition parisienne du Festival Les femmes s’en mêlent mercredi 23 mars à l’Institut Culturel Suédois où elle joue également ce soir. Pluri-instrumentiste (harpe, piano), de culture jazz et classique, maniant également l’électro avec dextérité, cette artiste exceptionnelle a ému son public.C’est avec sa voix, extraordinairement modulable, que Rebekka Karijord donne une profondeur folk à sa musique. Une découverte extraordinaire et l’un des plus beaux concerts de ce printemps.

Arrivant seule sur scène, plumes noires dans les cheveu et robe plissée noire,  Rebekka Karijord a commencé son concert très concentrée. Avec un look qui oscille entre Barbara et une icône burlesque, la chanteuse s’est lancée dans une performance électro en enregistrant plusieurs niveaux de chuchotements se répondant en écho. En final de cette entrée peu banale, elle s’est finalement mise à chanter en Anglais, révélant une voix puissante, forgée d’émotion et aux tonalité folks rappelant Kate Bush. A la fin de cette expérience quasi-religieuse, le guitariste et le batteur de la chanteuse ont relevé la tête, Rebekka Karijord s’est installée au piano. Elle a dit son plaisir de jouer pour la première fois à Paris, qui était l’un de ses objectifs majeurs et elle a entamé certains morceaux de son avant-dernier et plus célèbre album, paru en novembre dernier,  « The Noble Art of Letting Go » (Lillfact Records). Sur le titre  » This Anarchistic Art », la chanteuse a laissé percevoir toute la force de sa voix, qui a parfois le rauque d’une Cindy Lauper et parfois la subtilité d’une Kate Melua. Le rythme entraînant de l’urgence de ce morceau est encore renforcé par la manière dont Rebekka Karijord force son piano en écho avec son batteur pour artiver à une sorte de saturation musicale qui s’aligne sur le sang battant dans les tempes. Après le magnifique « Undo Love », Karijord est passée à la harpe pour interpréter son tube en Norvège : le bouleversant « Collector ».  Après un autre morceau et la présentation de ses musiciens au sang chaud et italien, l’artiste s’est installée seule au piano pour trois bijoux d’émotion pure, au milieu desquelles un hommage extrêmement généreux et adorablement  timide à la chanson en Français, avec une version toute personnelle des « Séparés » de Jacques Brel. Avec un sourire irrésistible Rebekka Karijord a rappelé ses musicien pour l’épreuve du feu : le groupe a interprété pour ses fans des chansons du prochain album, jamais encore jouées sur scène. Ce nouveau disque semble commencer là où le dernier finit. Si « The Noble Art of Letting Go » autopsiait  la destruction et la révolte d’un cœur devant l’amour qui lui a été retiré, le nouvel opus varie autour d’un thème universel : nous sommes également plus forts de ce que nous avons perdu. Rebekka Karijord a terminé le concert par son mélodieux hit : « Wear it like a crown ». En bis, elle nous a ofert encore un titre de « The NOble Artof letting Go », et a fini de nous convaincre de la force des ses racines classiques et de ses amaestria avec un madrigal à sa façon, seule à la harpe « Evesong ». Rebekka Karijord a terminé la chanson et le concert en chantant DANS le bois de sa harpe.

Chapeau bas à cette grande artiste, aux influences diverses, à l’émotion authentique et surtout à mille lieues des « belles voix »  folk  ou world formatées qu’on nous impose souvent ces derniers temps (Ayo, Agnès Obel etc…). Nous sommes sortis du concert plein de gratitude et avec l’impression d’avoir volé un moment de grâce. Merci les femmes s’en mêlent pour cette belle découverte.

Toute la programmation des Femmes s’en mêlent à Paris, ici.

 

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : yael@toutelaculture.com

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