Pop / Rock
Peter Doherty & The Puta Madres, Du Nouveau et De l’Ancien

Peter Doherty & The Puta Madres, Du Nouveau et De l’Ancien

16 mai 2019 | PAR Pierre Poughon

Peter Doherty était hier au Bataclan pour présenter son nouveau projet, avec The Puta Madres. Entre renouveau et racines bien ancrées, le génie est de retour. 

 

Est-ce qu’être heureux, est-ce qu’être sain dans sa tête et dans son corps, implique que l’on n’est pas (ou plus) une rockstar ?
Est-ce qu’on s’en fout pas un peu ?
Certes, Peter Doherty n’est plus l’homme aux deux chapeaux, l’homme aux grandes envolées dans les tabloïds Outre-Manche, l’homme aux milles frasques et caprices, mais ça n’est pas ça qui fait le génie de l’homme.
Cette personne est avant tout un compositeur et un guitariste de génie. Des Libertines, en passant par (entre autre) les Babyshambles pour finir, aujourd’hui, par The Puta Madres, son talent n’est plus à prouver. Reste pourtant sa perception de la vie. Jusqu’ici noire, criblée d’addictions destructrices en envahissante, elle ressort avec ce nouveau projet calme, posée et un brin nostalgique (quand même).

Cet album, un peu ovni, supporté par un groupe composé d’amis, est poétique et regorge de surprise. Tant par une reprise/medley des Velvet Underground et d’Oasis, que par le ton, l’ambiance, et les instruments utilisés. On remarque la nouvelle ambiance dès les premières notes d’All At Sea. Le thème de la mer se retrouve un peu partout, non sans lien avec son arrivée sur les côtes anglaises, à Margate. Seul son « à l’ancienne », Who’s Been Having You Over, transpirant le rock qu’on lui connaît, il ne dénote pourtant aucunement du reste de l’album. Ça fait du bien de revoir Pete Doherty, de le sentir heureux, en paix.

L’ex leader des Libertines est, on le sait tous, une bête de scène. Il l’a encore prouvé hier, avec un set particulièrement diversifié, entre chansons de son dernier album et différentes reprises des Libs ou des Babyshambles. Accompagné d’une claviste, d’un batteur, d’un bassiste et d’un guitariste chauffeur de salle dès que ses mains ne touchent pas son instrument, le set est efficace. Sans vraiment jamais perdre de temps à parler outre mesure avec un Bataclan rempli à ras bord, les chansons s’enchaînent, voyant un Pete limite en transe, avec l’impression de prendre un plaisir fou. La seule ombre au tableau reste l’harmonica, vraiment le seul instrument qui rend bien en studio mais éclate un tympan par note en live.

Mais bon, notre Pete est toujours bien présent, il n’a toujours pas changé, en soit, et ça fait du bien de le voir.
Les attentes se portaient sur un set calme, soporifique, mais non, les guitares sont folles, les paroles cinglantes et l’humour toujours au rendez-vous. Et c’est pour ça qu’on l’aime, notre Pete Doherty. Il est là, là où on ne l’attend pas. Toujours un plaisir.

Crédits Photo : Pochette de Peter Doherty & The Puta Madres – Peter Doherty & The Puta Madres

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Pierre Poughon

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