Pop / Rock
[Live report] The Soft Moon à La Machine du Moulin Rouge

[Live report] The Soft Moon à La Machine du Moulin Rouge

09 novembre 2015 | PAR Bastien Stisi

Luis Vasquez, au moment de choisir le nom qui devait accompagner son projet de cold wave indus et shoegaze il y a maintenant cinq ans (le premier LP éponyme du groupe date de 2010), s’est déciment salement trompé : car au lieu de « The Soft Moon », c’est bien « The Hard Moon » qu’aurait dû se nommer cette histoire de cris, de couches accumulées, de sédition acérée, d’ombres…

Et elles sont trois, ces ombres, cisaillées par un jeu de lumière hachuré et stroboscopique, à débarquer sur la scène d’une Machine du Moulin Rouge pleine à craquer (pour un dimanche soir, c’est admirable), une Machine qui devra rapidement laisser de côté son rouge initial pour se couvrir pleinement d’un noir plus évocateur de ce qui est sur le point d’intervenir.

Car Luis Vasquez (chant, guitare, machines) et ses deux acolytes (l’un est à la batterie, l’autre à la basse) ne tarderont pas à l’imposer, cette noirceur d’âme et de propos qui est à l’origine même d’un projet aussi fâché contre le positionnement fadasse d’autrui (« I don’t care what you say », dit-il sur « Black ») que contre les questionnements internes du moi (« I don’t know who I am » murmure-t-il sur « Being »). Car tout de suite, et comme cet été lors du passage du groupe de Los Angeles à La Route du Rock, c’est le chant martial et frontal de « Black » qui introduit le concert, élément premier d’un set qui s’agencera de manière quasiment interrompue et, qui favorisera surtout les éléments de ce 3e album paru en début d’année chez Captured Tracks (Deeper), savant et méchant mélange d’une techno indus (« Wrong »), d’un post-punk métallique (« Wasting »), d’un shoegaze claustrophobe (« Desertion »), d’une cold-wave à la luminosité bien tamisée (« Try »), d’une new wave aux allures mélodiques (« Far »), le tout porté par cette voix (celle d’un Luis Vasquez serein et habité) qui frôle parfois les bas fonds, et les effraient souvent.

Avant un rappel exécuté avec un panache toujours aussi assuré, les trois membres du trio s’armeront chacun d’éléments percussifs, et entameront cette invocation tribale pleine de rage (« Deeper ») célébrée à l’aide de cris (largement) déraisonnés. La Lune, ici, a ainsi pris le pouvoir. Et le Soleil qui émet discrètement ce matin sa luminosité aurorale doit se considérer heureux de se voir offrir une seconde chance.

Visuel : (c) BS

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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