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[Live report] L’ouverture du festival Aurores Montréal avec Salomé Leclerc, Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt au Divan du Monde

[Live report] L’ouverture du festival Aurores Montréal avec Salomé Leclerc, Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt au Divan du Monde

01 mai 2013 | PAR Yaël Hirsch

 

 

 

Grand succès pour cette première soirée chaleureuse et énergique du tout nouveau festival mettant à l’honneur les auteurs-compositeurs et interprètes venus du Québec. Hier soir, le Divan du monde était plein comme un œuf de fans venus écouter trois très grandes voix de Montréal, parmi lesquelles la « patronne » et charismatique marraine de la soirée: Ariane Moffatt. Un grand moment de musique et de fête qui se poursuit jusqu’au 3 mai. Tout le programme d’Aurores Montréal, ici.

C’est seule avec sa guitare électrique que la jeune et ultra-talentueuse Salomé Leclerc entre en scène. Ravie d’ouvrir le festival, elle est face au public comme un poisson dans l’eau. Ravissante et dotée d’une voix rauque et profonde à vous donner la chair de poule, Salomé Leclerc écrit et composé des chansons à la mélancolie subtile et aux textes forts. Elle commence avec le titre éponyme puis enchaîne avec professionnalisme et émotion les titres de son premier album « Sous les arbres » paru à l’automne 2012 en France chez Tôt ou Tard. Parfois, toujours seule en scène, elle arpette son harmonica. Très à l’aise dans les transitions, elle offre au public un inédit : une chanson, qu’elle est allée composer en 2009 dans un groupe d’écriture organisé par Francis Cabrel à Astaffort. la chanson s’appelle « il est cassé », c’est un chagrin d’amour et Salomé Leclerc a bien raison de nous l’offrir car « elle est pas pire » que les autres chansons d’amour de son album, voire même encore plus émouvante. Et l’énergique blonde finit sur un son plus résolument rock effectuant une parfaite transition vers Marie-Pierre Arthur et ses boys. A noter : Salomé Leclerc sera avec son groupe sur la scène de la Dame de Canton le 16 juillet prochain.

http://www.youtube.com/watch?v=NEM_mCIZT-U

Petit bout de femme brune dégageant des milliers de décibels, Marie-Pierre Arthur est une chanteuse à voix, qui envoie avec ses quatre boys (dont le très musclé batteur) un son oscillant entre le blues et le rock et qui ne manque  pas de donner envie de danser. D’autant plus que la chanteuse n’arrête pas de solliciter le public, demandant de claquer dans les mains et même de faire les refrains. La musique et le sens de l’entertainment sont américains donc, oui mais du grand nord, puisque les paroles sont volontiers en français. Et le groupe triomphe dans une reprise absolument irrésistible de « Jealous Guy » de John Lennon, où tous ont chanté. Un moment d’énergie brute.

 

Présentée par les organisateurs du festival comme « la patronne », Ariane Moffatt fait son entrée en scène vers 21h30, veste en cuir et leggings argentés. Auparavant les instruments ont été accordés et tout a été calé au plus petit détail près. La chanteuse qui mêle chanson et beat electro raffiné en est à son quatrième album, « MA + MA Remix » qu’elle produit elle-même et qui est sorti en novembre dernier en français et en anglais en France. Voix inimitable, doublée dans l’ombre par une soprano-claviers efficace, secondée par un maestro des platines, et trois autres musiciens, Moffatt joue du clavier, de la batterie et même du tambourin pour donner tout le dégradé des subtilités de sa musique.  Elle commence en anglais avec l’entraînant « Walls of the world » et poursuit en mode quasi dancefloor un parcours efficace le long de la tracklist de son album. Jusqu’au formidable « Mon corps » en passant par le crucial « Hôtel amour », le public suit de tout son corps le rythme irrésistible et la voix envoûtante d’Ariane Moffatt.

Puis, lorsqu’elle reprend son tube plus ancien « Reverbère » toujours en mode électro, et là, les fans agglutinés dans la nef du Divan du monde lâchent les vannes et commencent à chanter et danser : « ma vie est une série B, mais ça me va! ».

Retour au dernier album avec les accents caribéens de « Too late ». En nage, auréolée du bonheur d’être sur scène, après une petite bière fraîche et un salut à la chaleur du public parisien, elle se lance dans la superbe reprise qu’elle avait proposée sur le plateau de Taratata de « Running up that hill » de Kate Bush. Moment de pause, et reprise d’un autre monstre sacré : Alain Bashung. Saluant le travail qu’Albin (de la Simone? ) a aussi réalisé dans son travail sur Bashung, elle reprend seule au clavier « Vertiges de l’amour ». Une performance bouleversante que l’on peut retrouver sur l’album « Tels Alain Bashung » (Barclays).

On repart doucement sur un rythme plus vif avec le titre « Rules of legal love », extrait du dernier album, avant qu’Ariane Moffatt décide d’offrir en final et en français un « sourire sincère ». Absolument bluffante d’énergie, de précision, de créativité, Ariane Moffatt est la marraine idéale pour ce nouveau festival tout à fait réjouissant. Lorsqu’elle quitte la scène, une fois la nuit très avancée, chacun chante intérieurement Montréal!!!

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Yaël Hirsch
Co-responsable de la rédaction, Yaël est journaliste (carte de presse n° 116976), docteure en sciences-politiques, chargée de cours à Sciences-Po Paris dont elle est diplômée et titulaire d’un DEA en littérature comparée à la Sorbonne. Elle écrit dans toutes les rubriques, avec un fort accent sur les livres et les expositions. Contact : [email protected]

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