Pop / Rock

[Live report] La Roux au Bataclan

[Live report] La Roux au Bataclan

30 novembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Après un passage remarqué et réussi cet été à Rock en Seine, Elly Jackson, désormais en solo après le départ de son ancien compère Ben Langmaid, défendait devant un Bataclan plein à craquer et conquis d’avance son second album Trouble In Paradise.

Durant 1 heure 15, elle y confirmera l’impression que l’on avait déjà eu en août dernier au Domaine National de Saint-Cloud : malgré une seconde tentative discographique décevante et largement en dessous de ce que l’on était en droit d’attendre après l’efficacité de son premier album éponyme, les live de La Roux, toujours pénétrés jusqu’à l’os par ces mimétismes ultra 80’, ne souffrent à aucun instant de cette sortie de route dommageable. Les acclamations sincères qui succéderont à chacun des silences imposés par la terminaison d’un morceau en seront un indicateur édifiant.

Quelques secondes avant l’arrivée de La Roux sur scène, les enceintes avaient lâché le « I Feel Love » du duo Donna Summer / Giorgio Moroder. Et si cela représentait sans doute un hasard amusant, c’est peut-être aussi que l’on souhaitait inconsciemment annoncer qu’avec La Roux, ce sont les synthés qui prennent le pas sur le reste (il y a aussi une guitare, une batterie, et un batteur), et qui renforcent avec la même accentuation les langages new wave émanant du premier comme du deuxième album. On débutera d’ailleurs avec le single « Let Me Down Gently », vecteur d’une pop sensuelle, groovy et synthétique qui embarquera, déjà, le Bataclan dans une humeur absolument consentante.

Des pas chassés en guide de pas de danse, une voix parfois cassée qui renforce un peu plus encore le côté androgyne longtemps revendiqué, Elly Jackson parvient à tirer le meilleur des instants de Trouble In Paradise ( « Kiss And Not Tell », « Tropical Chancer », « Uptight Downtown ») en les englobant sur scène dans une homogénéité sonore pas repoussante (le synthé fou et la longue prolongation de « Silent Partner » est même un très grand moment), mais il faudra toutefois avouer que ce sont les tubes du premier album (« In For The Kill », « I’m Not Your Toy », « Fascination ») qui fonctionneront d’une manière encore plus réjouissante.

C’est d’ailleurs avec ceux-là que La Roux achèvera son concert. Après avoir singé, comme tous, le retour prématuré en coulisses, elle reviendra ici offrir ses immenses tubes « Tigerlily » et « Bulletproof ». Le Bataclan tout entier se lèvera, bougera le bassin, acclamera ce revival rouquin de synthpop quatre-vingt avec la plus bruyante des manières. C’est mérité. Ceux qui n’auront pas envie de revenir tout de suite dans le siècle XXI demeureront encore un peu trente ans en arrière, et se rendront à l’aftershow spécial La Roux concocté un peu plus tard par La Bellevilloise. Les autres se remettront sans doute en repartant La Roux dans le casque. En accordant là encore, de toute évidence, une préférence aux titres du premier album…


Visuel : (c) B.S.

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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