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[Live report] Cradle of Filth au Cabaret Sauvage

[Live report] Cradle of Filth au Cabaret Sauvage

29 octobre 2015 | PAR Simon Théodore

Le 28 octobre, à l’occasion de l’Inquisitional Tourture 2015, Cradle of Filth faisait escale à Paris. Accompagnés des Australiens Ne Obliviscaris et des Français Benighted Soul, les Britanniques ont transformé le Cabaret Sauvage en un temple du black metal.


Il est environ 19h lorsque Benighted Soul démarre son set dans une salle quasi vide. Seuls les connaisseurs seront venus si tôt. Originaire de Lorraine, le quintet évolue dans un registre métal symphonique et est mené par la chanteuse Geraldine Gadaut. Ouvrant les dates de la partie française de la tournée, cette formation en profitera pour fêter la réédition de son second album Kenotic, sorti en 2014. Si la musique est entraînante en concert, elle ne parviendra pas à faire réellement frissonner. La vocaliste assume sa voix lyrique, parfois appuyée par celle, plus grave, du bassiste. De temps en temps, Benighted Soul sort des sentiers battus du genre pour proposer, grâce aux parties de claviers, des touches plus progressives. Les chansons en deviennent alors plus longues et plus intéressantes. Néanmoins, ils bénéficieront d’un son agréable et, à entendre les acclamations lors de la photo finale, ils auront ravi le peu de personnes déjà réunies.

Dans le cadre de cette tournée européenne, avoir embarqué Ne Obliviscaris est une aubaine, tant pour ces Australiens que pour les fans de la tête d’affiche. Citadel, leur album édité en 2014, est probablement l’un des disques les plus riches parmis ce qui se fait actuellement dans la sphère métal. La musique extrême du combo associe du death metal, du black et, surtout, des influences issues du flamenco ou de la musique classique. En live, leurs compositions prennent une dimension incroyablement humaine. Le groupe ouvre son set par « Devour me, Colossus (Part I) : Blackholes ». Immédiatement, la foule est réceptive et les fans commencent à bouger leurs bustes d’avant en arrière. La voix de Xenoyr flirte avec le registre black pour un rendu beaucoup plus torturé que dans la version studio. L’intensité atteint son paroxysme lorsque le violoniste, Tim Charles, use de sa voix claire et interprète ses parties de violon. Le musicien vibre littéralement avec son instrument. Les ambiances proposées par ce groupe venu de Melbourne sont extrêmement variées. Avec une technique parfaite, le bassiste joue ses parties en tapping et démontre ses talents de musicien. « Pyrrhic » sera un magnifique temps d’accalmie pendant lequel les fans pourront se reposer et voyager. Avant de lancer l’ultime titre « And Plague Flowers the Kaleidoscope », long de plus de dix minutes, le guitariste français du groupe prendra la parole. À l’évidence, lui et ses acolytes sont contents de jouer dans la capitale. Troisième et ultime chanson, elle clôturera, par ses influences flamencos, un set réussi, impressionnant et profondément évocateur. Il faudra souligner la qualité excellente de la sono, participant à l’efficacité du set. Sans aucun doute, les mélomanes voulant découvrir la musique métal devraient commencer par ce groupe !

Après tant d’émotions, c’est enfin le tour de Cradle of Filth de monter sur les planches d’un Cabaret Sauvage, à présent rempli mais loin d’être complet. De chaque côté de la scène, deux croix, sur lesquelles sont accrochés des squelettes, ont été installées. Le design du porte micro laisse apparaître un bouc et la fumée commence à envahir la salle. Le décor est ainsi planté. Alors que les premiers riffs de « Heaven Torn Asunder » débutent ce concert de black metal, le légendaire Dani Filth apparaît tel un messie. Portant des cornes sur la tête, vêtu d’une cape et tenant de sa main un bâton lui aussi corné, le chanteur arrive sous les acclamations. Visiblement en forme, le frontman investit tous les endroits de la scène et chante avec tous les timbres de voix que les fans lui connaissent. De la voix gutturale au cri strident, il hurle ses paroles influencées par le diable, la mythologie ou encore le romantisme. Déjà en ébullition, la fosse ne tarde pas à se lancer dans de nombreux pogos et à faire le signe de la bête entre les chansons. Fort de onze albums, il doit être bien difficile, pour le groupe, de choisir les morceaux à interpréter. Pourtant la setlist est calibrée. La formation britannique défendra son dernier album, Hammer of the Witches, avec des titres comme les très efficaces et presque épiques singles « Blackest Magick in Practice » et « Right Wing of the Garden Triptych ». Pour plus de communion et de spectacle, les deux guitaristes maquillés n’hésiteront pas à descendre de la scène pour venir côtoyer les fans du premier rang. Vivant intensément l’instant présent, parfois possédé par la musique dégagée par Cradle of Filth, le public attend les classiques du groupe. Certains s’essaieront au slam tandis que d’autres observeront, transis d’émotions, le spectacle. La semi ballade gothique « Nymphetamine », datant de 2004, sera l’un des grands moments d’un rappel généreux en titres. La voix angélique de la claviériste se couplera magnifiquement bien avec celle du leader du groupe. En fin de concert, les paroles de « Her Ghost in the Fog » seront scandées par la foule conquise. Pendant près d’une heure et demie, Cradle of Filth aura confirmé son statut de légende du black metal. Néanmoins,  on regrettera que le show n’ait pas été encore plus grandiloquent.

En somme, la soirée fut, en partie grâce à la qualité du son, réussie. Cette date proposait des groupes composés de musiciens expérimentés. Alors que Dani Filth, après plus de vingt ans de carrière, ne semble pas prêt de prendre sa retraite, Ne Obliviscaris a confirmé son statut de groupe à suivre. À l’évidence, les légendes demeurent et une nouvelle génération de musiciens talentueux semble éclore…

Visuels : (c) Simon Théodore / Affiche de la tournée

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