Pop / Rock
[Live report] Bombay Bicycle Club au Bataclan

[Live report] Bombay Bicycle Club au Bataclan

26 novembre 2014 | PAR Bastien Stisi

Après un premier passage remarqué cette année au Trabendo, les Bombay Bicycle Club (qui précisons-le encore une fois, viennent bien de Londres et non pas d’Inde) présentaient de nouveau hier soir au public parisien leur dernier album studio, le nommé So Long, See You Tomorrow.

BBC au Bataclan : première breaking news, ce n’est absolument pas plein. Et cela est visible au premier coup d’œil : la tribune de la salle du boulevard Voltaire est laissée à l’abandon, et dans la foule, les silhouettes sont clairsemées. Sans doute avait-on surestimé du côté des organisateurs l’impact du groupe mené par Jack Steadman sur le public parisien. Il est vrai que le dernier album de ces Londoniens voyageurs (So Long, See You Tomorrow a été écrit entre le Royaume-Uni, l’Inde, le Japon, la Turquie et les Pays-Bas) paraît n’avoir ici, du côté franchouillard de la Manche, pas connu la même résonance que ses prédécesseurs discographiques et ce malgré un intérêt pop absolument incontestable (« Overdone », « Feel », « Carry Me », « Luna » : tous portent en eux la trace de ces voyages).

Mais peu importe. Car ceux qui sont là le sont pour de vrai. Et ce public, qui paraît ne pas être beaucoup plus âgé que les membres d’un groupe dont on sait la précocité discographique (déjà quatre albums pour une moyenne d’âge environnant le  quart de siècle), manifeste sa joie de traîner dans les parages dès lors qu’on lui accorde l’occasion de le faire. Il saluera ainsi avec zèle l’arrivée de la ballade « Lights Out, Words Gone », puis celle du vitaminé « Shuffle », et bien sûr, celle de l’audacieux « Feel », qui convoque sur le même synopsis film bolywoodien et westernien, et charme la pop comme d’autres charment les cobras.

Derrière le groupe, des serpents sont d’ailleurs projetés sur cinq cercles à l’intérieur desquels défileront des rosas tournoyantes, des corps désarticulés, des squelettes articulés, des ersatz de croquis de vinciens. Le tout formera une scénographie réussie en même temps qu’un écho parfait à la pop tribale, mélodique et horizontale d’un sextet qui s’avérera plus convaincant lorsqu’il arrondira ses angles et donnera davantage d’ampleur à ses compositions. Ainsi, les moments pop rock sont lassants, et les moments plus excités enivrants.

L’exécution du gros tube « Carry Me » et ses percussions notables auront beau élargir les sourires sur les visages des plus passionnés (dans le public, ça danse beaucoup), cette pop-là souffre d’un constat évident : la prise de risque est à retrouver ici dans la composition, mais pas dans son exécution. Et à force de se faire trop policée, elle s’avérera au final trop polie.

Visuels : (c) Robert Gil

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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