Pop / Rock
[Live report] Bent Van Looy au Silencio : récital intimiste et élégant

[Live report] Bent Van Looy au Silencio : récital intimiste et élégant

14 mars 2013 | PAR Bastien Stisi

Au cœur d’une nuit parisienne colorée par les trottoirs blanchis d’une fin de saison rugueuse, il nous fallait trouver un refuge et un havre adéquat pour apaiser et pour réchauffer nos corps emmitouflés sous de trop épaisses couches de vêtements. C’est au Silencio que nous avons échoué, accueillis par le souffle chaleureux et sincère de Bent Van Looy, qui présentait son premier album solo Round the Bend au public du club le plus élégant et le plus prisé de la capitale…

Bent Van Looy vient du plat pays, mais vit à Paris depuis sept longues années. C’est au sein de la ville lumière, entre le McDonald de la rue de Dunkerque faisant face au parvis encombré et bruyant de la Gare du Nord et les travées lynchéennes et apaisantes du Silencio, que le leader de Das Pop affirme avoir composé la majorité des titres de son premier album solo (à paraître le 22 mars), dont la douceur et la sincérité maculent encore les travées tuméfiées du club parisien, quelques heures après la performance remarquable et savoureuse de l’artiste originaire de Belgique.

Débarrassé des guitares sous filtre électro et des percussions métronomiques de Das Pop, remarqué l’année dernière par l’intermédiaire de l’excellent The Game, Bent Van Looy propose désormais une pop  épurée et délicate alimentée par un piano unique et par une voix de crooner moderne et mélancolique, portée par un charisme attachant et par une mèche folle et baladeuse, audace capillaire rappelant vaguement à l’esprit la chevelure dégradée de David Lynch, éternelle présence absente du lieu que le cinéaste a lui-même designé. Au sein de ces ballades folk aux paroles lyriques et limpides, de nombreuses nouveautés encore inconnues du profane germent sous les yeux du public sage et bien élevé du Silencio. Parmi ces morceaux dont l’expressivité est renforcée par un jeu de lumière articulant des coloris orangés ou bleutés sur la silhouette de Bent Van Looy, on distinguera l’excellent « Young Man », une fabulation barrée sur un gamin que l’artiste a rêvé (cauchemardé ?) à défaut de l’avoir jamais conçu, et surtout le tube en puissance « Shadow of a Man », dont les clameurs perceptives dès les premières résonances instrumentales témoignent de la postérité ascendante d’un artiste aux apparences curieusement sensibles, drôles, et attachantes.

Le public approuve, attentif et semblable à une armée d’invités endimanchés et branchés regroupés dans le salon d’un ami talentueux et généreux, et nourrit les dernières notes émanant de l’immense piano à queue de Bent Van Looy d’une belle et chaude acclamation. Le rideau rouge de la scène peut se refermer doucement, et le Silencio reprendre la quiétude de ses occupations nocturnes. Délicieuse parenthèse en-dehors du monde et du réel, promesses de lendemains glorieux et savoureux pour le convaincant projet solitaire d’un artiste qui verra son lyrisme mélancolique compilé dans les prochains  jours sur un disque que l’on envisage déjà sous les apparats les plus sincères et les plus délicats.

Visuel © : pochette de Round the Bend de Bent Van Looy;  Samuel Lehuédé

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Bastien Stisi
Journaliste musique. Contact : [email protected] / www.twitter.com/BastienStisi

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