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(Interview) Tomorrow’s World : « On aime le mystère »

(Interview) Tomorrow’s World : « On aime le mystère »

01 avril 2013 | PAR Lucie Droga

C’est par un froid après-midi que nous avons rencontré Jean-Benoît Dunckel, l’un des piliers du groupe Air et Lou Hayter, chanteuse londonienne de The New Sins qui composent à eux deux Tomorrow’s World. Une collaboration pour le moins surprenante, qui laisse entrevoir le monde de demain avec beaucoup d’envoûtement et de clarté.

Comment votre collaboration a-t-elle commencé ?

Lou Hayter : en 2010, Jean-Benoit m’a contactée par mail après qu’un ami commun, le batteur de Air, lui ait fait écouter ma voix. Il est venu voir mon concert à la Flèche d’or, on s’est rencontré et on a commencé à jouer des chansons qu’on aimait bien… pour finalement se retrouver dans un studio parisien pendant trois jours.

Quel est le concept initial de cette nouvelle création ?

L.H : Nous n’avons pas vraiment de concept : nous sommes simplement entrés en studio et les choses se sont faites d’elles mêmes.

Jean-Benoît Dunckel : Nous sommes le concept. (rires). Notre album s’est fait  progressivement : au départ, il n’était question que d’une chanson, mais très rapidement, on s’est rendu compte qu’une âme et qu’un son apparaissaient. Maintenant que l’album est terminé, nous nous attaquons à la scène : parce que faire un album studio est une chose mais monter sur scène et défendre ses chansons en est une autre et c’est ce à quoi nous nous confrontons aujourd’hui.

Tomorrow’s World était une série sur la BBC, basée sur le développement des sciences et des technologies : êtes-vous inspirés par la science-fiction, et par des films comme Métropolis ?

L.H : Oui, c’est définitivement une influence dans l’écriture : la musique vient d’abord, et avec elle, un son particulier qui nous inspire ensuite les paroles.

Pour ce premier album, comment avez-vous procédé ? Avez-vous écrit les textes et la musique ensemble ou vous êtes-vous séparés les tâches ?

J-B.D : l’idée était d’être en studio tous les deux pour qu’il y ait une interaction. Improviser des chansons en studio ne m’intéresse pas : ce qui fonctionne, c’est quand nous sommes tous les deux car c’est de cette façon que l’on peut s’influencer mutuellement. C’est cette interaction qui est intéressante quand on est un groupe, elle permet le partage d’une culture commune et la création d’un projet nouveau. Seul, je n’aurais pas pu trouver le son de Tomorrow’s World. En fait c’est un peu comme l’équation 1+1= 3 !

Lou, vous venez de Londres, et vous Jean-Benoît, de Versailles… Comment vos villes respectives ont-elles influencées votre musique ?

L.H : Ce qui était intéressant c’était de pouvoir jouer sur les deux langues… Même si les chansons de l’album sont principalement en anglais, il y en a trois en français. C’est ce partage qui est agréable à mettre en oeuvre !

J-B.D : J’ai quitté Versailles il y a 20 ans  donc… (rires)

Comment s’est passée votre première rencontre avec le public lors du Oh La La festival l’année dernière ?

J-B.D : La rencontre s’est bien passée, mais le problème avec les festivals, c’est que le public vient voir plusieurs groupes… même si c’est toujours une expérience agréable d’être sur scène, on se retrouve face à un public qui n’est pas celui que l’on attend car il ne vient pas que pour voir le groupe. Au Oh La La festival, le public s’attendait à trouver des groupes exclusivement français, il était donc plutôt ouvert d’esprit quand nous avons joué. Maintenant, nous attendons avec impatience d’être sur scène car Tomoroow’s World doit trouver son propre public !

Votre musique a des sonorités new-waves, mais possède un côté romantique extrêmement noir… Quelles sont vos influences ? Je ne peux m’empêcher de penser aux films de David Lynch

J-B.D : On est surtout influencé par les bandes originales de films et la musique des années 80… Pour les films, on se rapproche de Blade Runner ou des films de David Lynch. On aime bien la sub-culture et le mystère !

Votre album a un côté très pessimiste… Loin d’un électro-pop sautillant, il déploie un esthétisme très froid… Avez-vous une vision pessimiste de l’humanité ou pensez-vous qu’il existe un autre monde fait d’espoir, derrière la réalité ?

L.H : C’est un peu un mélange entre l’incertitude de la vie et l’espoir qui peut apparâitre derrière chaque chose : l’incertitude, oui, mais nous ne le voyons pas forcément d’un mauvais oeil, ou comme quelque chose de pénible à supporter.

Quels sont vos nouveaux challenges avec Tomorrow’s World ?

L.H : Ce qui est un défi, c’est de jouer ensemble car nous avons tous deux joué dans des groupes différents. Le plus difficile maintenant, c’est de présenter au public une nouvelle musique qui est le résultat de notre travail.

J-B.D : Cela fonctionne de la même manière que lorsqu’on a un rendez-vous et qu’on a peur de dire des stupidités ou de s’être mal comporté. Puis on se rend compte après coup que ce sentiment n’était pas du tout partagé par l’autre. Avec le groupe, c’est pareil : quand on est sur scène, on doute et on se dit que le public peut être composé en grande partie de fans d’Air qui s’attend à retrouver un son qui lui est familier… On ne se doute pas que pour le public, il s’agit peut être de leur plus mémorable concert ! Je ne sais pas comment le pubic va appréhender cet album, tout dépend de ce qu’il a dans le coeur… Je sais  juste qu’on est fier de cet album et cela suffit !

 

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