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[Critique] « Pioneer » : une extraction sans surprise du pétrole norvégien

[Critique] « Pioneer » : une extraction sans surprise du pétrole norvégien

23 janvier 2015 | PAR Geoffrey Nabavian

Partant avec un sujet en or, Erik Skjoldbjaerg manque hélas son coup. Ses qualités de mise en scène s’estompent vite au profit d’un thriller sans surprise, dans lequel les aspects dramatique et historique ne touchent guère.

[rating=2]

PioneerQuatre hommes enfermés dans une chambre d’entraînement, faisant l’expérience de la pression des grands fonds marins : le début de Pioneer est excitant. La mise en scène d’Erik Skjoldbjaerg sait se montrer anxiogène et palpitante. Plus loin, on reverra cette chambre. Et elle tiendra, hélas, un rôle beaucoup plus attendu… Tel est le problème de ce nouveau film du réalisateur d’Insomnia (1998), film norvégien qui fut refait par Christopher Nolan : un défaut de traitement, vis-à-vis du sujet. Notre cinéaste désire remonter en 1970, pour raconter l’extraction, par la Norvège, des gaz contenus dans les sols de la mer du Nord. Opération réalisée, dans un premier temps, avec l’aide d’entrepreneurs américains. La rivalité entre les deux pays aura de mauvaises conséquences sur la vie des plongeurs engagés pour poser un pipeline en profondeur… Pour raconter son histoire, Erik Skjoldbjaerg a choisi de tourner un thriller mâtiné de drame. Mettant en scène Petter (Aksel Hennie), plongeur qui voit son frère et équipier, Knut, mourir lors de la première opération.

PioneerSuite aux vingt-cinq premières minutes, le scénario devient hélas extrêmement attendu. Les ressorts apparaissent usés : on les a vus dans tellement d’autres films… Et la dimension historique, qui pourrait toucher ou interpeller, est traitée assez platement. On a l’impression de voir Erik Skjoldbjaerg utiliser, l’un après l’autre, des outils. Sans les renouveler. Sentiment renforcé par le contraste avec la première demi-heure, très différente. Il s’y montre expert à décrire l’entraînement des plongeurs, puis leur travail au fond de la mer. Angoisse communicative, scènes sous-marines majestueuses, attention minutieuse aux détails… Et pour envelopper tout cela, une subtile musique composée par Air. Dans laquelle les rythmes évoquent les bruits de la machinerie accompagnant ces travailleurs de l’extrême. Dommage que ce mélange goûteux s’affadisse ensuite, jusqu’à ne plus surprendre du tout…

Pioneer, un film d’Erik Skjoldbjaerg. Avec Aksel Hennie, André Eriksen, Stephanie Sigman, David A. Jorgensen, Jorgen Langhelle, Stephen Lang, Wes Bentley, Ane Dahl Torp. Musique composée par Air. Policier/drame norvégien. Durée : 1h44. Sortie le 28 janvier.

Visuels : copyright Farbfilm Verleih

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Geoffrey Nabavian
Parallèlement à ses études littéraires : prépa Lettres (hypokhâgne et khâgne) / Master 2 de Littératures françaises à Paris IV-Sorbonne, avec Mention Bien, Geoffrey Nabavian a suivi des formations dans la culture et l’art. Quatre ans de formation de comédien (Conservatoires, Cours Florent, stages avec Célie Pauthe, François Verret, Stanislas Nordey, Sandrine Lanno) ; stage avec Geneviève Dichamp et le Théâtre A. Dumas de Saint-Germain (rédacteur, aide programmation et relations extérieures) ; stage avec la compagnie théâtrale Ultima Chamada (Paris) : assistant mise en scène (Pour un oui ou pour un non, création 2013), chargé de communication et de production internationale. Il a rédigé deux mémoires, l'un sur la violence des spectacles à succès lors des Festivals d'Avignon 2010 à 2012, l'autre sur les adaptations anti-cinématographiques de textes littéraires français tournées par Danièle Huillet et Jean-Marie Straub. Il écrit désormais comme journaliste sur le théâtre contemporain et le cinéma, avec un goût pour faire découvrir des artistes moins connus du grand public. A ce titre, il couvre les festivals de Cannes, d'Avignon, et aussi l'Etrange Festival, les Francophonies en Limousin, l'Arras Film Festival. CONTACT : [email protected] / https://twitter.com/geoffreynabavia

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